dimanche 11 septembre 2016

Wovenhand : Star Treatment

Il aurait dû le faire il y a bien trop longtemps, mais peu importe : il s'est décidé enfin.
Il a rompu toutes les amarres, tout abandonné en plan derrière sans laisser d'adresse ni prévenir personne ; tout ce qui pouvait évoquer le superflu et le bouffi, et ça faisait beaucoup. Il a chaussé une paire de lunettes d'aviateur, un vieux chapeau dont la dolente robustesse paraît avoir surclassé déjà et laissé au cimetière plusieurs propriétaires, acheté une vieille guimbarde décapotable de même trempe, sur le critère principal qu'elle possède un lecteur de cassettes pour y glisser sa seule munition : une vieille compilation de Johnny Cash ; il a jeté sur le siège passager sa seule compagnie utile : un livre de poèmes de Jim Morrison aux pages jaunies et cornées ; et aussi un pochon de mexicains dans la boîte à gants, pour les nuits glacées dans le désert. Il est onze heures du matin, il fait déjà trente-cinq degrés à l'ombre sur la route qui se perd au loin vers l'Ouest des pionniers, vers Joshua Tree et encore au-delà - et il n'y a pas d'ombre, pour s'abriter du regard divin du ciel presque blanc assourdissant. L'heure est parfaite pour prendre la route, comme on embrasse ce même ciel, sur la langue le goût métallique du présent infini.
Pour la première fois depuis des années, Andrew Eldritch se sent bien.

3 commentaires:

Lucas a dit…

J'ai lâché le gonze depuis quelques temps, tu m'intéresses.

gulo gulo a dit…

Quant à moi, il avait encore jamais réussi à me captiver comme ça, malgré de nombreuses tentatives et de bonnes dispositions.
Du coup, je n'ai pas un avis de spécialiste de son oeuvre, mais quelque chose a dû changer.

Raven a dit…

C'est beau.

Allons de ce pas écouter cela.