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Affichage des articles du octobre, 2016

Bölzer : Aura

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Comment ordonner ce billet pour fidèlement traduire la sincère admiration que j'ai pour Aura malgré tout ? Ah ! "malgré tout" est lâché, et l'on se doute qu'il y a un loup.
C'est que, malgré une rumeur qui empruntait alors (entre autres) de certaines voix que je respectais et écoutais, je ne me suis pas penché assez lorsqu'elle s'est mise sourdement à enfler autour de Bölzer, que de manière très désinvolte, certes largement suffisante dans leur cas pour sentir l'odeur du potentiel, mais sans aller plus loin, attendant paresseusement Hero pour me mettre sur le coup.
Alors, pour sûr le blackdeath de Bölzer sur Aura est particulièrement goûtu, voire relevé, pour sûr même la voix caverneuse a quelque chose en plus que votre déjà surnaturel growl Iron Bonehead/Invictus ordinaire ; et, pour sûr, on reconnaît déjà Bölzer tout craché à une mélodie telle que celle d' "Entranced by the Wolfshook" et sa façon de vous pourchasser toute la journé…

Planes Mistaken for Stars : Prey

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Planes Mistaken for Stars se révèlent, enfin ou pas, ceux qu'on avait toujours pressentis : les frères de sang de Twilight Singers, simplement dans une existence moins... luxueuse ? sûrement, mais non moins somptueuse ; moins vieillie hors d'âge et blanchie par les avanies, certainement pas, ni moins cabossée, ni moins doux-amèrement souriante sous le tissu cicatriciel des rides ; moins bourgeois - vite fait - et socialement arrivé - disons : actif - dans la vie, que le gros Greg et sa belle bagnole noir laqué dont il a jamais fini de payer les traites : disons que la différence de statut social ne mesure guère plus que l'épaisseur de revenu utile à carburer aux Craven A pour ses trois paquets de la journée ; ou que le poids familier du cran d'arrêt dans la poche ; disons plutôt que Planes Mistaken for Stars est le frangin qui vit garé derrière une station-service, en changeant simplement de patelin chaque fois qu'il se fait chasser à coup de fusil par un loqueteu…

Vermin Womb : Decline

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Diocletian meets Weekend Nachos meets Brighter Death Now. Pas mal, avouons le, pour un groupe de grindcore, non ? Celui dont il est question pourrait fort vous rappeler la première fois que vous entendîtes Morbid Angel ; ou Fear Emtiness Despair ; ou les premiers CTTTOAFF ; ou Primitive Man. Vous avez saisi ? si non, le mot que je cherche à vous suggérer est : extrême. Pas très étonnant de voir le disque édité chez un grand fan de The Great City (je me répète ? tout de même pas ma faute si le gars est cohérent !).
Je ne vais pas tenter d'être original, puisque Vermin Womb suggère uniformément à tous ses auditeurs impitoyablement la même image : un torrent de boue, de merde radioactive, de vermine, d'immondice, de boyaux corrompus.
Est-on ici dans le post-grind ? Il est vrai que Vermin Womb possède quelque chose qui le met aussi bien sur un pied d'égalité avec Last Days of Humanity ou Gored, qu'avec toute la génération du blackened omnicore (oui, tout : jusqu'à l&#…

Noxagt : Brutage

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Il paraît que les mecs de Noxagt sont des jazzeux, que Noxagt est un groupe assimilé jazz. Ouais ouais, c'est ça. Enfin, je crois que MoE aussi est réputé jouer du jazz. Ce doit être un mot de norvégien, qui veut pas du tout dire ce qu'on entend par "jazz" chez nous, je vois que ça.
Vous prenez le pire de Kaspar Brötzmann (lui aussi, tiens, on a voulu nous faire accroire qu'il jouait du jazz), de Bästard, de Sister Iodine, de Godflesh, des guitares qui sirotent des mégastructures industrielles entières aussi facilement que l'araignée suce le jus liquéfié de sa proie dans la canette qu'elle lui a tissé autour au préalable, vous prenez aussi un batteur qui n'a de batteur que le nom, puisque son vrai métier, celui qu'il exerce dans Noxagt, c'est équarrisseur - vous les lancez sur un thème bien patibulaire et inquiétant (voir les titres des morceaux, c'est pas fait pour les chiens surtout lorsqu'ils vous aident avec l'histoire comme c…

Uniform : Ghosthouse

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Oui : il arrive un moment, où le revival fonctionne, où l'insolence de cette fameuse jeunesse - qui commence doucement à vieillir, à peut-être aussi être encore supplantée par une encore plus jeune, c'est le principe de la jeunesse, comme de la hype - une qui est encore plus effrontée et irrespectueuse de tout que la précédente - celle qui découvre non seulement la discographie entière de votre groupe culte le plus occulte en une après-midi tueuse de rétine sur internet, mais tout un courant, et aussi tout un autre qui a un peu à voir mais aussi un peu rien du tout - ou tout cela fonctionne, et à plein régime donne des monstruosités inédites et évidentes telles que Uniform.
Pop.1280 sont déjà vieux et recyclables, et les voilà d'ailleurs dans le cyclotron avec Suicide et Whitehouse et les Brainbombs et le A389-core le plus brûlé de la tête et... on se fout de qui d'autre, au bout du compte : ça sort sur un label de connards, ça mélange tout comme des connards de jeunes…

Numb : Numb

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Du The Klinik hallufrigogénique presque pur jus (rien que la jaquette, pas vrai ?) - juste, fatalement, accommodé ce qu'il faut façon vieux frigofunk-new-jack canadien fraîchement (hin, hin) sorti du néo-romantique, école vieux Skinny/vieux FLA : la famille, sisiii - et le mec a la voix couleur de Doug McCarthy. Mais bon sang, pourquoi en vingt-cinq ans personne ne m'a-t-il dit qu'il n'y avait qu'un album, de Numb à écouter, mais qu'il FALLAIT, vraiment, l'écouter ?
Accessoirement, on tient ici un ancêtre - ce qui en soi n'a aucune valeur à mes yeux sauf lorsqu'il est encore bien verdoyant, comme est le cas présentement - d'un sous-genre de l'aggrotech particulièrement cher à mon cœur : l'electro-indus de laboratoire d'essais bactériologiques tombé à l'abandon, où rôdent de salaces autistes au milieu des cuves à l'étanchéité compromise : Pain Station, voyez ?