vendredi 14 octobre 2016

Uniform : Ghosthouse

Oui : il arrive un moment, où le revival fonctionne, où l'insolence de cette fameuse jeunesse - qui commence doucement à vieillir, à peut-être aussi être encore supplantée par une encore plus jeune, c'est le principe de la jeunesse, comme de la hype - une qui est encore plus effrontée et irrespectueuse de tout que la précédente - celle qui découvre non seulement la discographie entière de votre groupe culte le plus occulte en une après-midi tueuse de rétine sur internet, mais tout un courant, et aussi tout un autre qui a un peu à voir mais aussi un peu rien du tout - ou tout cela fonctionne, et à plein régime donne des monstruosités inédites et évidentes telles que Uniform.
Pop.1280 sont déjà vieux et recyclables, et les voilà d'ailleurs dans le cyclotron avec Suicide et Whitehouse et les Brainbombs et le A389-core le plus brûlé de la tête et... on se fout de qui d'autre, au bout du compte : ça sort sur un label de connards, ça mélange tout comme des connards de jeunes propres-à-rien, qu'on croirait Orange Mécanique, et d'ailleurs ça n'aspire qu'à tabasser, rosser, rouer de coups, à perdre la vue et le sens dans une spirale stroboscopique de violence gratuite comme une cuite carabinée... C'est, on l'a compris, une énième mue-renaissance du punk, ou du blues de l'ère post-industrielle si on préfère, toujours plus cru, toujours plus radical et acculé, du Joy Division post-Summer of Love et post-World Trade Center, pour un monde qui a déjà cramé tous ses neurones et toute sa capacité morale.
Haust qui se tapent une révélation EBM arctique alors qu'ils ont juste rencontré l'Obsessis de BDN en cherchant un raccourci que jamais ils ne trouvèrent ; Girl Band qui se tapent une descente d'acides en total mode nettoyer le scum de la street, tu vois - même incapables qu'ils sont d'ignorer qu'ils font partie de le scum. Brutal shoegaze cramé à l'acide de batterie. Plus aucune frontière qui ne se corrode et corrompe, entre punk hardcore, industriel, cold wave, power electronics - et doom, oui oui oui ! à preuve en guise de conclusion cette bon dieu de reprise de Black Sabbath façon Big Black (ou Spahn Ranch, leur faux-jumeaux aggrotech) en para-boots quarante-trous, chourées à Claus Larsen pendant qu'il s'étouffait avec la salive écumante d'un poteau de speed un peu trop bonhomme, à moins que ce ne soit, bon sang c'est bien sûr ! la férocité hallucinée de cette martiale cadence ? c'est l'auteur de Wish, voire de "March of the Pigs", dont on reconnaît les ricanants descendants - ah çà ! pour toucher à ce niveau de connardise étincelante, à part les Connards en chef et leur récente reprise de The Horrorist, y en a pas légion.
Vous ne situez pas bien ce Ghosthouse ? C'est très simple, pourtant. HARD.

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