samedi 5 novembre 2016

Deathspell Omega : The Synarchy of Molten Bones

Best of Deathspell Omega ? Mais je veux, mon neveu ! tout ce que moi j’aime chez eux en tous les cas : la luxure rythmique tout en tête, avec des dérapages contrôlés dignes de Pulling Teeth, les relents sanguinolents de Dazzling Killmen que j’avais un peu oubliés, depuis le temps que je ne les avais entendus, la voix à la gourmandise qui fait comme une sorte de pendant rigoriste ( !) du gus de Funeral Mist, ou Aldrahn, comme un vieil ogre finlandais qui viendrait hanter et tourmenter d’une infecte lubricité dictatoriale quelque immense bibliothèque de théologie – et même les plus franches tentations mathcore, je n’ai jamais été contre, sur le principe, seulement leur rendu raté sur les deux disques précédents : ici on m’évoque Converge et Gaza, je prends avec obligeance.
Et puis la petite fraîcheur supplémentaire de le servir, ce condensé de carrière et de déjà-balisé, en une petite demi-heure, ce qui n’est pas si commun, en fait également au passage peut-être le disque de Deathspell Omega que je sortirai le plus facilement à l’avenir – comme pour préserver ce qui, ça tombe bien, est une autre des caractéristiques majeures du charme DsO pour bibi : la fièvre ; permanente ; elle semble cette fois - vraiment ? ou bien avait-on simplement oublié ? - saillir surtout dans une batterie jamais en repos, rappelant entre tous les fils aimants de DsO les insectoïdes cavalcades tambourinantes d'Imperial Triumphant, et une basse qui, lorsqu'elle ne s'amuse pas à jouer des plans hardcore réjouissamment bestiaux tout en rehaussant leur débonnaire allant, leur groove à la fois heurté et fluide, d'un inimitable cran supplémentaire de vitupération maléfique, donne souvent dans une sorte de swing jazz grouillant, intranquille, quasi-cousin (on reste dans l'entomologie si ça ne vous fait rien) du jazz norvégien le plus féroce et aliéné - qui fait que malgré soit l'on pense à Aluk Todolo, quand bien même la mouche infernale semble comme de juste ne pas avoir piqué la même bête – car voilà bien de quoi il s’agit : DsO n’ayant pas cessé avec Paracletus d’être viscéralement black metal, mais ayant simplement cédé un temps aux penchants les plus sentencieux du genre, retrouve ici le versant le plus animal de la chose, lequel ils peuvent à leur aise saupoudrer comme ils le font d’autant d’échardes de noisecore, mathcore et jazzcore sans craindre jamais de perdre le contact avec... la Bête, également connue sous le nom de Dodheimsgard.
Enfin bref : en 2016, Deathspell Omega nous refait 666 International avec un peu de hardcore new-school dedans. Cool. Je pense néanmoins m'en remettre assez bientôt. D'ailleurs, cela s'est fait le temps que ce brouillon repose ; probablement parce qu'il n'y a pas ici que du hardcore et de 666 : il y a aussi beaucoup, beaucoup de pages de théologie écrites en tout petit à lire avec des petits binocles sur le bout du nez, et que toutes ces pattes de mouches finissent par couvrir le chant ondoyant des frelons, à mon grand dam.

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