vendredi 30 décembre 2016

Dead Witches : Ouija

En étant méchant, le disque de Dead Witches est tellement creux qu'il sonne comme le disque de bubbledoom que ferait Jack White (rien que pour la pochette, ils l'ont méritée, celle-là ; en même temps nous on aussi on a mérité ce qui nous arrive : rien qu'à la pochette on aurait dû passer très au large) s'il décidait de tenter sa chance et rafler la mise dans le doom - alors que Mark Greening.
En étant gentil, creux ou vide peut se voir comme une qualité, lorsqu'on parle musique de cimetières et de populations aux cavités oculaires généralement... En étant de bonne humeur et composition, Ouija sonne tout à fait comme le disque qu'Electric Wizard n'a pas tout à fait réussi à sortir, manière de croisement entre la forme de Dopethrone et le fond de Time to Die ; Ouija sonne comme le disque qui est en train de tourner chaque fois que vous rendez visite à votre dealer, ou à votre pote fan d'Electric Wizard - c'est pas le même ? oh, puis c'est vous et votre conscience que ça regarde, après tout - un disque dont le premier morceau a l'air d'être le plein milieu, celui de la fin aussi, et celui du milieu, ben... Sans début ni fin, rien à foutre ni des débuts ni des fins, aucun enjeu, encore moins à branler si possible que n'importe quel disque du Wizard, aucun véritable inconfort de quoi que ce soit, même pas le vague restant d'aigreur et de rancœur qui se devine çà ou là chez Oborn, pas non plus trop de violence ni d'acidité dans le ricanement... Bon, si jamais vous êtes d'un prosaïsme en kevlar blindé, disons que l'album n'a probablement de doom que les riffs, et qu'en dehors d'eux il s'agit surtout de hard-blues. Ou alors, plus terre-à-terre encore, que ce choix de voix - qu'on entend moins que le micro à travers lequel elle passe, pour être clair : très Jack White, ça aussi - empêche, au moins chez l'auteur de ces lignes, toute identification et implication émotionnelle ; parce que musicalement, il y aurait moyen, de faire quelque chose dont la décadence vous contamine, vous émoustille, vous concerne...
Là, rien à faire, on sait que la distance qui vous sépare, vous debout, de ce canapé en ruine, est un fossé infranchissable, que vous ne serez pas assis dessus une seule minute avant de repartir vers votre chez vous riche d'une diffuse, légère, mais réelle augmentation de votre satisfaction concernant le bon sens qui règne, toutes proportions gardées, dans votre propre existence ; d'une conscience plus éclairée des limites de votre amour pour les limites, si vous préférez.
Stup-doom, si vous préférez. En tous les cas l'anti-FFD - j'ai sursauté lorsque j'ai relu le line-up. Sérieusement, c'est limite Femen, d'embaucher une gonzesse pour lui faire à ce point nier ce charme qui n'a de sens que dans un monde phallocrate.
Le pire ? C'est sans doute que le fin mot de toute cette affaire, qui peut fallacieusement paraître d'une séduisante et poétique absurdité sous certains angles, se résume sans doute dans l'hypothèse que fait mon collègue sur un site spécialisé, et les embrouilles gangsta-judiciaires de rappeurs auxquelles les doomsters semblent avoir goût autant que les black métalleux.
Sinon, il est pas trop mauvais, le batteur, il a fait d'autres trucs ?

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