samedi 28 janvier 2017

Red Harvest : Hybreed Redux

L'intérêt de ressortir Hybreed en version "dépoussiérée", "remasterisée" ou ce que vous voudrez, en 2016 ? J'ai envie de vous renvoyer à mon article sur la démarche similaire qu'effectuait Justin Broadrick il y a quelques années, pour Streetcleaner. Hybreed et ce dernier sont assez semblables par beaucoup d'aspects : les deux sont, sans même avoir à être présentés différemment de leur version originale, des disques brûlants de vie et de tranchant au présent, sans l'indulgent truchement d'aucune contextualisation - un peu comme Overkill, en effet, maintenant que vous le dites : des disques à l'épreuve des modes, que celles-ci soient de production ou de genre. Des disques de soul music, voilà l'affaire.
Et cependant, tout comme Streetcleaner, Hybreed n'a rien à perdre à se voir décapé - pourvu que ce soit fait avec respect et compréhension pour ce qu'il est : pour rester dans la tautologie et la lourdeur pédagogique, à la condition préliminaire de ne surtout pas avoir la balourdise de croire qu'il puisse "avoir vieilli", "sonner daté". Là n'est certainement pas l'idée, puisqu'elle est plutôt de révéler, délicatement, avec une infinie précaution, ce qu'il peut avoir caché jadis par le seul effet de certaines limites technologiques, quand bien même elles n'ont pas suffi à l'empêcher de révéler toute sa grâce essentielle.
Le résultat, évidemment, supervisé qu'il a été par un amoureux de l'album - au stade sacerdotal ou maniaque, on vous laisse juger : afin de le faire en âme et conscience, rappelez-vous qu'il lui a préalablement, voici quelques mois, fêté son anniversaire en le rééditant tel qu'à l'époque, sur cassette - est celui espéré. La version 2016 d'Hybreed est fidèle à la version originelle tout comme le Redux de Streetcleaner : en ce qu'elle est, surnaturellement, encore plus Hybreed qu'Hybreed lui-même ; qu'elle semble Hybreed tel qu'on l'entend lorsqu'on en rêve ; un luxe douloureux de détails hivernaux s'y révèle, enivrant et coupant comme une goulée d'air arctique ; le nouvel Hybreed réussit l'exploit irréel de sonner à la fois plus tranchant et cependant plus engourdi et ascensionnel encore que l'ancêtre - au point que presque par moments on croirait que des pistes ont été réenregistrées, vocales ou de guitares, à force de se sentir fourmiller de partout de cette étrange cadence nouvelle que l'album semble avoir gagné, cette irréelle et pourtant encore plus réelle, poignante, torturante, léthargique fluidité, cet état de paresse divine qu'il provoque et qui paraît à la fois hibernation sous les glaces qu'il évoque, et fièvre à la mesure de celle qui l'habite... En fait et pour le dire clairement, ce nouvel Hybreed vous donne l'impression de l'écouter sous ecstasy... et en même temps, cela aussi, l'impression d'être en pleine montée d'ecstasy,  n'est encore qu'une caractéristique constitutive, fondamentale de l'album - non ? Son sujet, sa matière, son effet, ce que vous voudrez...
Aujourd'hui sous cette forme encore un peu plus, Hybreed est un album d'élévation, d'abrasion, de ponçage, d'émondage de l'âme, de son affûtage comme un couteau pour s'enfoncer dans la lumière glacée ; un processus de purification qui pourrait s'avérer âpre, et qui pourtant irradie seulement la bienveillance, et une chaleur grouillante qui déborde de ses sublimes morceaux ambient, eux qui sont d'une sensualité devant autant au plus grand art techno qu'aux obscurs envoûtements dans la façon de Linköping, et dont l'agitation magnétique vous met en résonance de telle sorte que vous continuiez à jouir de cet état de stase au milieu même des riffs les plus mécanisés - ou, moins étonnamment, au milieu des lancinantes vagues de guitares, régulières comme le temps, dont le taux d'iode rendrait admiratif Geordie Walker même ou Robert Smith... Il s'agit bien de cela, et pas uniquement pour des considérations purement relatives à de certains types de sonorités : Hybreed, son éternelle jeunesse, son goût d’essentiel, d'existentiel, de sensuelle vérité spirituelle, sont de la même étoffe - en moins pop, mais sûrement pas en moins frappant d'évidence ; ce qui si on calcule bien, va le percher à un état où la confusion avec le divin est vite arrivée - que les albums de The Cure et Killing Joke ; le genre d'albums qui peuvent vous laver rondement de tout besoin d'écouter quoi que ce soit d'autre, pendant des semaines d'affilée, tant ils vous emplissent et comblent entièrement - d'âme, froide et brûlante comme l'appel du pôle et du désert complet.
Un authentique travail de restauration, au point où il confine à la sorcellerie ou à l'alchimie : c'était bien le moins qu'on devait, après tout, à un album dont la sorcellerie vous fait toucher à votre part minérale, comme à un état de grâce fiévreuse, auquel on parvient par la minutieuse corrosion de tout le reste, et qui incarne au plus haut point l'alchimie industrielle, l'humanité qui se niche en son cœur. Ou plus simplement, rendre les choses à la beauté de leur nudité élémentaire. Il est bien question de cela : la simplicité. Ce qui n'est jamais peu.
Quant au concert de reformation, dont la captation suit Hybreed sur la présente édition, Red Harvest s'y montrent tels qu'en eux-mêmes : plus ovniaques que jamais ; ni tout à fait post-hardcore, ni tout à fait black metal, ni tout à fait industriels (mais quand même beaucoup, cela) ; et tout à fait laids comme la découverte de Neurosis en 1993 ; ténébreux, inquiétants, une monstruosité tournoyante et stroboscopique dont le spectacle hypnotise même à distance. C'est donc aujourd'hui, fidèlement à sa foi, un très grand disque et un très grand groupe, tous deux loin au-dessus de toutes vos catégories habituelles, que Monsieur Damien vous propose gentiment - mais somptueusement - d'enfin reconnaître ; est-ce que "le monde" le fera un jour ? En tous les cas vous, vous aurez été prévenus. De nombreuses fois, même, puisque je vais me répéter : vous l'avez toujours eu, ce disque, vous verrez ; il ne vous manque plus que de l'acheter pour vous en apercevoir.

Cet homme est un bienfaiteur de l'humanité.

mardi 24 janvier 2017

Uniform : Wake in Fright

Ce coup, c'est cuisamment impossible à ignorer : Pop.1280 prennent la correction qui leur pendait au nez. Je vous arrête de suite : ce n'est pas moi qui veux à toute force faire s'affronter les groupes : ce n'est pas moi qui ai fait publier les deux groupes sur le même label, que je sache, avec la similitude de son et de façon de chanter qu'ils entretiennent ? Alors, bien sûr, Pop.1280 cherchent plutôt à s'affilier du côté Suicide ou Birthday Party de la Force - ce qui peut facilement s'avérer un handicap avec moi, quoique The Birthday Party soit pour moi un peu comme Breach ou Black Sabbath : un groupe dont les héritiers reconnaissants valent incommensurablement mieux que lui-même - alors que Uniform tape dans... tout ce que l'on va voir dans quelques instants - mais on parle bien tout de même, le minimum d'objectivité commande de l'admettre, dans la même chose à savoir un genre d'EBM-batcave bâtard, qui se définit avant tout par une virulence obscène de tous les instants.
Uniform, donc, confirme ici ce qu'on a commencé surtout à voir éclore avec Ghosthouse : qu'ils sont les héritiers d'un esprit qui court de Pailhead au NIN de l'époque "Wish"... court-circuité par une sorte de version idéalisée - en ce qui me concerne - du Ministry de la fin des années 80, qui pour être moins ostensiblement déshumanisée par les machines n'en serait pas moins invraisemblablement sauvage, au contraire. Uniform s'adonne pleinement à la dimension dancefloor cyberpunk de cette musique mécaniquement hachée ; toutes sortes de riffs hard - là encore, ainsi qu'annoncé benoîtement par le carnage qu'était la reprise de Black Sabbath sur Ghosthouse : on est loin de FLA et ses samples de Metallica, je vous préviens aimablement - prennent donc ici, horriblement découennés et déchromés, les traits grimaçants et les couleurs cauchemardesques du trip surrégime d'amphétamines de sagouin, qu'est la musique d'Uniform, qui fait toujours moins de différence, entre swamp-goth-boogie de horde vandale, et power-electronics : dans le manque et la dèche on ne fait que peu de différences, de manière générale, ou de chichis et autres coquetteries ou tours à éplucher les poires avec la fourchette et le couteau. Uniform met bien l'accent sur le punk dans cyberpunk, et sur les poux radioactifs teigneux qui vont avec. Wake in Fright combine ce que l'aggrotech américaine ou canadienne des belles années peut avoir eu de mieux, ce qu'il y a de plus hargneux chez Babyland, Stereotaxic Device et Spahn Ranch, avec un concentré toxique de "Stigmata" et "March of the Pigs", et la fureur dégénérée du noise-rock... et en fait quelque chose d'encore moins sympa que tout cela réuni. Une musique de rats gros comme des castors qui courent partout avec des yeux jaunes à leur sortir du crâne, et mangent toute chose trop lente pour se mettre à l'abri dans un concert de crissements insupportables ; une tarentelle avec un marteau-piqueur, où l'on croit apercevoir sous la douche furieuse de copeaux de toutes sorte, les Swans de 84 qui déboulent, à poil façon premier Terminator, dans le futur acide d'un décor de disque de Brighter Death Now à ciel ouvert, où les larsens vous donnent la grippe aviaire...
Enfin, bref : on a rarement entendu aussi décapé et décapant. La frontière entre EBM et punk y disparaît sans même qu'on y pense ; le The Mind is a Terrible Thing to Taste du troisième millénaire est le croisement, évidemment grêlé de petite vérole, entre Slayer et Corrections House. Une partie de moi me glisse qu'on appelle cela "industriel" ; je la félicite. Et je me félicite qu'il en existe encore. Le premier qui prononce le nom de Youth Code, en revanche, sera rossé sans merci.

dimanche 15 janvier 2017

Dario Moreno : Viens

À toi, Marie-Mandale, petite boulangère lippue,
À toi, Marie-Mandale, au crâne rose recouvert de cheveux blonds trop fins,
À toi, Marie-Mandale, j’offre mon cœur !

Je me suis ouvert la cage thoracique.
J’ai mis un genou à terre.
Je tends l’organe à bout de bras.
J’ai la pose requise.
Ça pisse le sang et ça fait un mal de chien.

J’ai cru que tu ramasserais le scalpel.
Que tu ferais de même.
Que nos péricardes vides accueilleraient chacun le cœur de l’autre.
Que nous recoudrions nos poitrails nus du joli fil doré de l’amour.
Que nous graverions VVP+MM=AE sur l’écorce d’un grand chêne.
Que…

Le vent chasse un nuage qui fait sa route vers l'infini.
Il ne se passe rien.
J’ai dû mal interpréter ton sourire commerçant.
Je rentre chez ma mère en pleurs.

Depuis cet épisode, mon cœur rétréci dans sa cage sonne comme un grelot dès que je prononce le mot "Amour".
Depuis cet épisode, j’ai une préférence marquée pour les femmes qui abusent du fond de teint.

lundi 9 janvier 2017

Light of the Morning Star : Nocta

Soyons rationnel, un instant avant que de, par le vent mordant des morceaux qui viennent, se faire déloquer de toute considération dépassionnée : sachant ce que l'on savait, à savoir Cemetery Glow, et voyant cette pochette frappée de ce titre, chargée de toujours autant de référence à Mayhem et toujours autant de sensibilité goth exquisément aristocratique et dédaigneuse... Y avait-il une surprise à attendre de Nocta ?
Non, certes. Mais, comme je pense l'avoir déjà dit un autre jour à propos d'un autre disque d'un autre groupe, ce n'est, très trivialement, pas parce qu'on n'est pas étonné de la qualité des morceaux et de leur effet sur soi, que pour autant l'on est pas divinement surpris et ravi par leur exacte - l'on n'ose dire réelle - couleur et la réalité - pour le coup - présente de leur effet sur soi. On pourrait autrement dire que Nocta existait déjà, on en avait l'intime conviction au cœur, et qu'il ne restait plus qu'à le rencontrer pour que les étoiles soient alignées.
Et pour se renverser en arrière dans un rire de ravissement. Non, la famille Addams ce n'est pas forcément Barry Sonnenfeld, voilà qui est clair aux premières notes du disques - puisque Light of the Morning Star y confond Fester et Dracula (à la rigueur, et puisque l'auteur du disque semble tout de même chérir cette version 1991 : vous gardez Angelica Huston, mais vous mettez Gary Oldman dans le costume de Fester) avec autant d'aisance qu'il le fait de Mortuus et Mayhem, soit deux formes de maladie aussi différentes que carabinées, qu'on n'aura du reste pas la balourdise de définir par des comparaisons qui en dissiperaient la trouble et inquiétante séduction : en jouant son rock lunaire, cadavéreux et puissant pourtant sans aucun doute ; comme il marie avec la plus maussade majesté clavecins fantomatiques et lignes de basse qui tour à tour grattent les os ou se meuvent parmi des ombres sans causes tangibles... En vérité non seulement les fameux clavecins, mais encore toutes sortes de semblables sortes de détails du plus furieux et glacé gothique se sont cette fois délicieusement affirmés (bien entendu dans une discrétion du meilleur goût, se fondant avec une exquise réserve dans le gris glacé et mordant des guitares), ainsi qu'on ne pouvait que l'espérer enfiévré, depuis un Cemetery Glow dont on s'éloigne un peu ici de la sinistre chape, du déluge cruel, pour... un déluge plus sensuel ; le vampirisme, Mortuus, je l'ai dit, déjà, oui ? je m'y perds, quelquefois, quand il faut ré-expliquer des évidences telles que le gothique - pour une enfilade de morceaux noueux qui paraissent - pour le meilleur - durer bien plus longtemps que leurs formats pragmatiques et droit au but, et offrir bien plus que ceux-ci ne pourraient le laisser soupçonner de pérégrinations dans leurs méandres brumeux, glapissants, frissonnants, et traversées comme un vent polaire par ce sentiment religieux à nul autre pareil (... je me comprends) ; le mérite en revenant également, discret, à une batterie, mais également à la voix, pourtant toujours pudiquement drapée dans son manteau d'épouvante - bien plus versatiles, émancipées et capricantes qu'il n'y paraît à ce premier coup d’œil qu'elles ne cherchent pas à démentir... Mais bientôt peu à peu les morceaux se développent, s'étirent comme des toiles d'araignée ou des ailes de chauve-souris, et révèlent leur ampleur épique, mate et pourtant profonde, sous leurs dehors immédiatement familiers voire intimes, leurs espaces et leurs courants d'air, leurs couleurs aussi à mesure que l’œil s'accoutume aux ténèbres... Le violet de Cemetery Glow, que l'on retrouve intact sur "Lord of the Graves" ? Le gris sensuel et mortuuesque du bien-nommé "Grey Carriages" ? Le tournis couleur de lune acide, de "Ophidian"  (oui, les titres des morceaux sont comme cela, et leurs paroles de même : simples avec mordant et élégance : on dit "classique") ?
Irons-nous pour autant jusqu'à parler d'air ? de pop ? de lumière ? Clairement, le matin est encore loin, si non hors de portée. Disons que justement Nocta sait jouer du tragique plutôt que du fatidique et de l'implacable, ce qui est encore plus cruel et offre davantage de plaisir ; le jeu plutôt que la domination ; pour ça, au rayon du tragique, et à celui de son jeu pour y être à loisir la plaie et le couteau, le doute n'est pas permis : Light of the Morning Star est citoyen goth de première catégorie, tout comme il l'est au titre de la nervosité qui sous-tend la langoureuse valse avec les eaux profondes, de sa silhouette efflanquée, quoique généreusement découplée. Non certes, en dépit des couleurs que vous croirez apercevoir dans l'égarement que constitue cette étourdissante suite de morceaux, l'humeur est à la nuit d'hiver glacée ; et le fil rouge, c'est le cas de le dire, un bouquet de tragédie ferreux et pourtant - ou plutôt partant - irrésistible comme un bourgogne. Autant dire qu'on en boit d'une soif inextinguible, et comme qui rigole.
Mais après tout, peut-on vraiment affirmer que les choses se finissent mal, lorsqu'elles se finissent en un pareil "Five Point Star" ?


mardi 3 janvier 2017

Lingouf : Quatuor Solitaire

En lévitation. Flottant librement, entre techno et electro... Aucun des deux, et encore moins de leurs subtiles nuances, n'est à la mode, ça tombe bien, Lingouf n'a jamais eu cure de... qui que ce soit, en fait. Lingouf trace sa propre route. Libre. Sa techno l'est, riche de ses penchants de plein air comme de ses ascendances belges école Reload Records, de sa house, de ses racines EBM, et son electro l'est aussi, magnifiquement narrative comme peut l'être la dark-wave la plus boursouflégriffue, car cela sied à merveille à la part d'enfance (donc de monstruosité) et de féerie (certains savent peut-être ce que "fée" désigne, du reste) si forte chez Lingouf ; ici davantage que dans de dernières sorties presque ostensiblement (on parle quand même de Lingouf) conceptuelles, réconcilié avec une simplicité qui n'avait peut-être jamais été aussi candide, rayonnante ; poétique à la hauteur d'un Orbital qui aurait dépassé de loin ses propres plus grands jours.
Lingouf, encore, toujours plus, le seul à savoir faire pousser des fleurs sous le Thunderdome ; de belles et pétillantes asphodèles ; et la grâce de germer au milieu des bassdrums.

dimanche 1 janvier 2017

Khold : Til Endes

C'est un album de Khold : évidemment, que ça ressemble à Darkthrone - ou à Celtic Frost, dites comme vous préférez. Mais cette fois en particulier, puisqu'un album de Khold est toujours un plaisir de fin dégustateur, vous pourriez y trouver de curieux effluves de Slayer. Disons que Til Endes met en lumière des ponts somme toute naturels entre la superlative malveillance démoniaque qu'on a toujours su apprécier chez Slayer, qui met ces derniers à part même dans un genre malveillant par définition (une définition qui a été en grande partie rédigée... par Slayer) tel que le thrash, et une musique norvégienne à laquelle du coup ils ont deux-trois choses utiles à apprendre ; d'autre que Destroyer 666 et autres conneries du style, s'entend.
A part ça, Til Endes reste avant tout du Khold, c'est à dire qu'on y retrouvera avec délices leur art de la suspension vertigineuse, de la répétition abrutissante, et leur maniement hors pair de la pelle - le plat et le tranchant, mon gars - appariés ainsi qu'il se doit - mais aussi : ainsi qu'il est rare chez les chevelus - à la juste conscience du peu de nécessité qu'a un bon riff d'être garni en notes : on pensera moins précisément à Unsane que de coutume, sur cet album, mais on relèvera toujours ces étranges et subliminales accointances punk hardcore qui rendent Khold totalement unique. D'ailleurs, puisqu'on est un peu dans la précision des analogies : on a coutume de dire également de Craft qu'ils ressemblent énormément à Darkthrone, et je ne saurais vous dire pour leurs premiers disques que je connais très peu, mais quant à Void, c'est plutôt à Khold qu'il ressemble, et doit beaucoup à mon avis ; autant que peut-être le Black Hole Crew des Haust, Nag et Okkultokrati. Il est plaisant de le signaler.
Tout à fait personnellement, les considérations du type "ce groupe devrait être plus connu et reconnu" me passent totalement au-dessus, même en parvenant à faire abstraction de ma possessivité jalouse et de mon complexe d'élitisme bien ordinaire : peu importe qu'ils soient suffisamment connus en proportion de leur énorme talent, mes Khold : moi je les connais, j'en suis bien content, et c'est ce qui compte avant tout, non ? Et en découvrant quelque temps après sa sortie leur dernière livraison - cet impossible machin qui est Celtic Frost et Breach en même temps - oh que oui, je suis content.