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Affichage des articles du janvier, 2017

Red Harvest : Hybreed Redux

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L'intérêt de ressortir Hybreed en version "dépoussiérée", "remasterisée" ou ce que vous voudrez, en 2016 ? J'ai envie de vous renvoyer à mon article sur la démarche similaire qu'effectuait Justin Broadrick il y a quelques années, pour Streetcleaner. Hybreed et ce dernier sont assez semblables par beaucoup d'aspects : les deux sont, sans même avoir à être présentés différemment de leur version originale, des disques brûlants de vie et de tranchant au présent, sans l'indulgent truchement d'aucune contextualisation - un peu comme Overkill, en effet, maintenant que vous le dites : des disques à l'épreuve des modes, que celles-ci soient de production ou de genre. Des disques de soul music, voilà l'affaire.
Et cependant, tout comme Streetcleaner, Hybreed n'a rien à perdre à se voir décapé - pourvu que ce soit fait avec respect et compréhension pour ce qu'il est : pour rester dans la tautologie et la lourdeur pédagogique, à la cond…

Uniform : Wake in Fright

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Ce coup, c'est cuisamment impossible à ignorer : Pop.1280 prennent la correction qui leur pendait au nez. Je vous arrête de suite : ce n'est pas moi qui veux à toute force faire s'affronter les groupes : ce n'est pas moi qui ai fait publier les deux groupes sur le même label, que je sache, avec la similitude de son et de façon de chanter qu'ils entretiennent ? Alors, bien sûr, Pop.1280 cherchent plutôt à s'affilier du côté Suicide ou Birthday Party de la Force - ce qui peut facilement s'avérer un handicap avec moi, quoique The Birthday Party soit pour moi un peu comme Breach ou Black Sabbath : un groupe dont les héritiers reconnaissants valent incommensurablement mieux que lui-même - alors que Uniform tape dans... tout ce que l'on va voir dans quelques instants - mais on parle bien tout de même, le minimum d'objectivité commande de l'admettre, dans la même chose à savoir un genre d'EBM-batcave bâtard, qui se définit avant tout par une virul…

Dario Moreno : Viens

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À toi, Marie-Mandale, petite boulangère lippue,
À toi, Marie-Mandale, au crâne rose recouvert de cheveux blonds trop fins,
À toi, Marie-Mandale, j’offre mon cœur !

Je me suis ouvert la cage thoracique.
J’ai mis un genou à terre.
Je tends l’organe à bout de bras.
J’ai la pose requise.
Ça pisse le sang et ça fait un mal de chien.

J’ai cru que tu ramasserais le scalpel.
Que tu ferais de même.
Que nos péricardes vides accueilleraient chacun le cœur de l’autre.
Que nous recoudrions nos poitrails nus du joli fil doré de l’amour.
Que nous graverions VVP+MM=AE sur l’écorce d’un grand chêne.
Que…

Le vent chasse un nuage qui fait sa route vers l'infini.
Il ne se passe rien.
J’ai dû mal interpréter ton sourire commerçant.
Je rentre chez ma mère en pleurs.

Depuis cet épisode, mon cœur rétréci dans sa cage sonne comme un grelot dès que je prononce le mot "Amour".
Depuis cet épisode, j’ai une préférence marquée pour les femmes qui abusent du fond de …

Light of the Morning Star : Nocta

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Soyons rationnel, un instant avant que de, par le vent mordant des morceaux qui viennent, se faire déloquer de toute considération dépassionnée : sachant ce que l'on savait, à savoir Cemetery Glow, et voyant cette pochette frappée de ce titre, chargée de toujours autant de référence à Mayhem et toujours autant de sensibilité goth exquisément aristocratique et dédaigneuse... Y avait-il une surprise à attendre de Nocta ?
Non, certes. Mais, comme je pense l'avoir déjà dit un autre jour à propos d'un autre disque d'un autre groupe, ce n'est, très trivialement, pas parce qu'on n'est pas étonné de la qualité des morceaux et de leur effet sur soi, que pour autant l'on est pas divinement surpris et ravi par leur exacte - l'on n'ose dire réelle - couleur et la réalité - pour le coup - présente de leur effet sur soi. On pourrait autrement dire que Nocta existait déjà, on en avait l'intime conviction au cœur, et qu'il ne restait plus qu'à le r…

Lingouf : Quatuor Solitaire

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En lévitation. Flottant librement, entre techno et electro... Aucun des deux, et encore moins de leurs subtiles nuances, n'est à la mode, ça tombe bien, Lingouf n'a jamais eu cure de... qui que ce soit, en fait. Lingouf trace sa propre route. Libre. Sa techno l'est, riche de ses penchants de plein air comme de ses ascendances belges école Reload Records, de sa house, de ses racines EBM, et son electro l'est aussi, magnifiquement narrative comme peut l'être la dark-wave la plus boursouflégriffue, car cela sied à merveille à la part d'enfance (donc de monstruosité) et de féerie (certains savent peut-être ce que "fée" désigne, du reste) si forte chez Lingouf ; ici davantage que dans de dernières sorties presque ostensiblement (on parle quand même de Lingouf) conceptuelles, réconcilié avec une simplicité qui n'avait peut-être jamais été aussi candide, rayonnante ; poétique à la hauteur d'un Orbital qui aurait dépassé de loin ses propres plus gran…

Khold : Til Endes

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C'est un album de Khold : évidemment, que ça ressemble à Darkthrone - ou à Celtic Frost, dites comme vous préférez. Mais cette fois en particulier, puisqu'un album de Khold est toujours un plaisir de fin dégustateur, vous pourriez y trouver de curieux effluves de Slayer. Disons que Til Endes met en lumière des ponts somme toute naturels entre la superlative malveillance démoniaque qu'on a toujours su apprécier chez Slayer, qui met ces derniers à part même dans un genre malveillant par définition (une définition qui a été en grande partie rédigée... par Slayer) tel que le thrash, et une musique norvégienne à laquelle du coup ils ont deux-trois choses utiles à apprendre ; d'autre que Destroyer 666 et autres conneries du style, s'entend.
A part ça, Til Endes reste avant tout du Khold, c'est à dire qu'on y retrouvera avec délices leur art de la suspension vertigineuse, de la répétition abrutissante, et leur maniement hors pair de la pelle - le plat et le tranc…