dimanche 1 janvier 2017

Khold : Til Endes

C'est un album de Khold : évidemment, que ça ressemble à Darkthrone - ou à Celtic Frost, dites comme vous préférez. Mais cette fois en particulier, puisqu'un album de Khold est toujours un plaisir de fin dégustateur, vous pourriez y trouver de curieux effluves de Slayer. Disons que Til Endes met en lumière des ponts somme toute naturels entre la superlative malveillance démoniaque qu'on a toujours su apprécier chez Slayer, qui met ces derniers à part même dans un genre malveillant par définition (une définition qui a été en grande partie rédigée... par Slayer) tel que le thrash, et une musique norvégienne à laquelle du coup ils ont deux-trois choses utiles à apprendre ; d'autre que Destroyer 666 et autres conneries du style, s'entend.
A part ça, Til Endes reste avant tout du Khold, c'est à dire qu'on y retrouvera avec délices leur art de la suspension vertigineuse, de la répétition abrutissante, et leur maniement hors pair de la pelle - le plat et le tranchant, mon gars - appariés ainsi qu'il se doit - mais aussi : ainsi qu'il est rare chez les chevelus - à la juste conscience du peu de nécessité qu'a un bon riff d'être garni en notes : on pensera moins précisément à Unsane que de coutume, sur cet album, mais on relèvera toujours ces étranges et subliminales accointances punk hardcore qui rendent Khold totalement unique. D'ailleurs, puisqu'on est un peu dans la précision des analogies : on a coutume de dire également de Craft qu'ils ressemblent énormément à Darkthrone, et je ne saurais vous dire pour leurs premiers disques que je connais très peu, mais quant à Void, c'est plutôt à Khold qu'il ressemble, et doit beaucoup à mon avis ; autant que peut-être le Black Hole Crew des Haust, Nag et Okkultokrati. Il est plaisant de le signaler.
Tout à fait personnellement, les considérations du type "ce groupe devrait être plus connu et reconnu" me passent totalement au-dessus, même en parvenant à faire abstraction de ma possessivité jalouse et de mon complexe d'élitisme bien ordinaire : peu importe qu'ils soient suffisamment connus en proportion de leur énorme talent, mes Khold : moi je les connais, j'en suis bien content, et c'est ce qui compte avant tout, non ? Et en découvrant quelque temps après sa sortie leur dernière livraison - cet impossible machin qui est Celtic Frost et Breach en même temps - oh que oui, je suis content.

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