vendredi 3 février 2017

Atropine : Assailant

Bon, niveau réjouissance du tastevin, déjà, on est bien garnis : on a, ainsi que l'a signalé un autre connoisseur, du FLA époque de référence - pour bibi, Gashed Senses - du Skinny Puppy des mêmes parages, Remission, Bites et Mind - quelques flamboyances qui arrivent à sans équivoque s'inscrire dans la descendance glorieuse de "Assimilate", sans démordre en valeur intrinsèque ; on a du Cri du Chat, avec des moments qui n'auraient pas à baisser le nez sur un disque de Trial, Simbolo ou Morgue ; on a de ce que Celtic Circle peut avoir eu de pas trop douzième zone, bien au contraire, à savoir du Putrefy Factor 7 ; on a l'acrimonie effarante d'Insurgent...
Mais surtout, surtout, Atropine ont tout compris, rythmiquement, et tiennent bien fermement cet art typiquement dark-electro, de vous démanger de furieuses fourmis cybernétiques les genoux, les coudes et les épaules, de vous infecter d'une bilieuse pulsion de vous désarticuler comme un pantin cyborg déréglé - ou pour les plus bio, de danser le Stefan Ackermann - et bon à envoyer à la casse pour agressivité contre-productive - sans un seul instant donner véritablement dans la trance, la techno ou même, ce qui eût été accueilli avec bien plus d'indulgence, house. Atropine vous suscitera pour sûr des envies de dancefloors, mais seulement peuplés de créatures dans le goût de celle de sa pochette, pour le dire autrement. D'instiller la fièvre, les spasmes, l'inconfort musculaire, l'intranquillité - mais jamais l'envie de marteler du poing en l'air ou de pulser de quoi que ce soit.
Et pourquoi y penser, aussi ? Eh, parce qu'il ne s'agirait surtout pas de s'aller imaginer qu'Atropine n'utilise que des sonorités ringardes, farouchement nostalgiques et restées bloquées dans la préhistoire d'un genre, où la techno de toutes les façons n'existait pas, au moins à la connaissance des bodymen valeureux. Non, vous n'aurez pas la sensation d'écouter un disque Celtic Circle ; seulement quelque chose qui en a retenu tout ce qu'il y avait à en retenir, niveau gargouillisme et suintements de vice.
Une impossible acid-techno, discrètement aussi exigeante que du Cristian Vogel, mais à la patience et capacité d'inertie d'insecte, et toute collante de sécrétions aux usages obscurs. Pour tout fan de Skinny Puppy peu friand de clones imbéciles et à contresens, du nanan.

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