dimanche 19 février 2017

Black Wine Order : vvvvv

Ça va finir en rafales incohérentes de noms - comme d'habitude ? Mais cette fois, ce sera vraiment, ou du moins encore pire que d'habitude, pour attester à quel point Black Wine Order ne se situe nulle part. Alors, autant y aller direct, pas vrai ?
vvvvv évoquera autant, tour à tour et chaque fois pour ne surtout pas suffire, voire pire - Sisters of Mercy que Atomic Cries, Bain Wolfkind qu'un truc de dark-wave médiévorientalisant pour lequel aucun nom pertinent ne me vient (non, certainement pas Dead Can Dance), un genre d'Omala tout malingre peut-être, de Moon Lay rachitique jusqu'au diaphane ; Danzig réincarné en guise de pénitence en Barry Adamson ; Horse Latitudes et Avgrunden ; Heart in Mouth, un Finitribe de bled roumain paumé ; Angelo Badalamenti retiré à Tchernobyl... En étant moins littéral, alors, pour encore un peu plus prendre la chose par cet aspect onirique dégueulasse, désespérant et pourtant doux à l'extrême, qu'elle a ? Sink, Messagero Killer Boys, Échancrure, 202Project... Ce n'est toujours pas ça, désespérément pas.
Tous ceux-là, mais à la manière de fantômes flasques comme des serpillères, des écharpes de brume au-delà du livide, au stade de vestige, comme une trace sur une vitre, comme des âmes en peine errant et traînant leurs patins dans de blanches et déprimantes limbes, limbes, justement, que sont la musique de Black Wine Order, elle qui parvient à être noire et blanche en même temps, gouffre et poussière, malveillante comme une incantation primitive et confortable comme un martini dry, aqueuse et aride dans sa consistance incertaine - le ton est bien en vérité à l'incertitude, comme celle de savoir si oui ou non le thème initial de "Lvmen" est un hommage aux Sisters of Mercy ; vvvvv, c'est  le truc en minuscules qui n'est pas vraiment là, mais dont la gêne elle est bien présente, juste assez pesante sur le moral pour incommode, matière vide d'une manière de western existentiel dans les décors déserts d'un Nosferatu d'Herzog en proie au doute rampant et à la neurasthénie, trop barbouillé d'il ne sait trop quoi pour avoir les crocs, même si ceux-ci protubèrent toujours aussi ignoblement que son haleine fétide flotte à plusieurs mètres autour, douceâtre, écœurante, hypotique.
Une chose qui, ainsi qu'on le voit, échappe aux phrases, qu'elle disloque, dissout, effiloche, sans que ce l'empêche de suivre son chemin, par capillarité presque, par lente infiltration, à son rythme de soyeuse procession dont sourd, affleure par endroits un caverneux marmottement, nulle part musicalement autant que temporellement.... Une infection.

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