mercredi 15 février 2017

Oureboros : Mysterium Tremendum

Où donc était passé le talent insolent pour propager la transe des noyaux planétaires, qui s'était penché sur le berceau de Fragmentation et Vita Mediativa, Dieu sait si je les ai usés ? En hibernation, qu'il était, le fourbe, laissant Oprhx se démerder seuls pour le reste de leur carrière (dernier en date, à peu près du même âge que cet Oureboros, compris)... A attendre ce jour présent pour, avec la fraîcheur d'un gardon, venir retrouver Orphx sous une nouvelle identité, et faire la nique à ce que d'autres vieux de la vieille on pu faire dernièrement, me laissant pour ma part chaque fois sur ma faim avec l'envie de les mettre de force à la retraite : In Slaughter Natives, Sielwolf, et dans une moindre mesure Raison d'Être ; on imagine la mort dans l'âme.
L'osmose de la plus raffinée des technologies ambient avec le pouls tellurique des tambours primitifs, pour un mieux-disant basses-profondes et sourdes cadences rocailleuses ; c'est à dire, évidemment, beaucoup mieux que tout ce qu'a pu pondre Brian Lustmord depuis des années, ou Riton Nordvargr pour ne pas toujours taper sur les mêmes : pour vous figurer la chose, imaginer de soyeuses réminiscences des deux illustres ancêtres précités, panachées d'un trait de Mz.412 où se mêlerait Infernal Affairs à In Nomine... sans oublier des effluves des trois illustres déchus, qui n'ont pas été cités par hasard,  puisqu'on en peut trouver ici ce qu'on était en droit d'attendre sur leurs propres productions ; on pourrait même (des fois que vous m'auriez pas vu venir) voir dans Mysterium Tremendum une manière de synthèse des trois... à laquelle se viendraient mêler d'autres choses, toutefois, puisque le laïus de l'éditeur n'a pas tout à fait tort de parler de racines metal (dont personnellement j'ignorais jusqu'à l'existence) s'exprimant ici, et s'entrelaçant à merveille au matériau ambient chamanique : on songera également, çà ou là, aux excroissances modernes où ensemble boursouflent drone, post-hardcore et shoegaze dans une monumentale chorale de larmoiements astraux - pensez The Angelic Process, en forcément moins ouin-ouin-Nadja ; on enterrera aussi, sans même s'en rendre compte, de larges pans de la discographie de Wolvserpent ; et jamais on ne se départira d'un équilibre tel, gracieux comme le dialogue de deux méduses, entre techno et industriel, qu'il ne semble ensuite que pure logique que l'on pense sans prévenir à Elektroplasma, rien que ça - devant ces mouvantes nappes d'un noir d'encre profond et frissonnant. Sans compter, pour le même prix, une conclusion sur un petit morceau digne de Sol Invictus ou Orchestre Noir, tranquillement, histoire de faire remarquer que oui, on pouvait encore glacer un peu plus le fond de l'air.
Vous ne cherchez pas : vous achetez tous ceux qui vous manquent sur les trois cité en ouverture ci-dessus.

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