lundi 6 mars 2017

Supergenius : Supertired

Musicalement, une séance de funambulisme entre End of a Year et le Fugazi poppy du fabuleux Red Medicine - quoique, lorsqu'ils virent à la ballade indie neurasthénique, on pense aux morceaux les plus dépressifs de In on the Kill Taker, oui Monsieur, avec leurs ambiances lunaires - alors disons du Fugazi d'une divine douceur, d'autant que question douceur, avec cette magnifique voix qui taquine Charlie Looker et Maynard J. Keenan, sans jamais cesser d'être une pure voix emocore le cœur en bandoulière, à la fois douloureusement banale et céleste, douloureusement aussi, montant à l'assaut des nuages sans hésiter, armée de sa pâleur surnaturelle, pour secouer le ciel comme un prunier...
Emocore avec des membres de Rise and Fall, aussi : on la sentait, en potentiel, la merveille, vu que ce sont les arômes emo qui font tout le sel, rarement l'expression a-t-elle été aussi appropriée, de Rise and Fall ; emocore pour l'intensité d'émotionnelle, pas pour celle des guitares à tout prix, comme une version en blue jeans élimés de Twilight Singers par endroits, ou (forcément) un Planes Mistaken for Stars des jours d'éclaircie - du ciel comme de la gorge - sans aucun complexe quant à ses élans indie, sensible sans être nouille une seconde, ni idiot, avec une finesse digne de Don Caballero, mais dévouée à la simplicité, sans aucun besoin de compliquer les formulations vu que ce sont les émotions, qui sont bien assez compliquées - à ce rayon-là, d'ailleurs, on songe même par moments à l'autre illustre référence, soit bien entendu Quicksand, en version plus ambigüe encore puisque inondée de lumière... At the Drive-In peut savourer sa retraite en toute quiétude, ils ne sont plus de taille.
Gracieux, rien moins.

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