samedi 27 mai 2017

Danzig : Black Laden Crown

Mon dernier bulletin de santé est lourd ; d'entrée dès les premières notes de guitares, mais plus encore dès mes premières lasses syllabes, pâteuses, douces, ébréchées, émoussées, fatiguées ; lourd comme tout ce que la chose peut avoir de bon ; lourd comme cette allure physique générale qu'on peut me constater, sur la pochette de mon album de reprises d'il y a quelques mois ou bien en tapant simplement dans Gogole Images, à vous inspirer presque le cran de me donner du "Hey, nice tits !", sauf que vous ne le ferez pas car peu importe la notoriété internationale de cette fameuse vidéo que vous avez tous vue, vous n'êtes pas vous-mêmes le chanteur des Northern Kings, alors vous ne pousserez pas non plus le bouchon de l'irrespect trop loin à la face de la vieille carne épaisse que je suis aujourd'hui ; lourd comme une vieille carne fatiguée, précisément, lourdement appuyée sur un groupe qui joue métallique, terne, fatigué, culotté de cambouis dans tous les replis - et lourd - comme s'ils étaient une bande de coreux new-yorkais (on aurait presque envie de placer Type O Negative, mais c'est pas comme si Johnny Kelly jouait sur le foutu disque) vieillissants tournant en rond comme de vieux lions dans une vieille cage, entre leurs disques de Motörhead et leurs vinyls de blues ; sensuel ? je veux, mon neveu ! Fourbu, aussi, est un mot qui sautera à l'esprit à m'entendre dans cet état où je suis, et qui sera chargé d'autant de compliment et de succulence qu'il est possible ; lourd et sensuel comme un slow avec un sac de frappe, mon seul ami, mon double en usure et en corpulence ; lourd de sensualité fourbue comme une prestation d'Harvey Keitel, et comme la tension dans un bouclard de motard après minuit ; lourd de beauté comme une patate dans le pif qui me laissera, moi, à dégueuler mon déjeuner et chercher mon souffle dans des poumons qui grincent autant que les harmoniques de Tommy Victor et toutes mes articulations, plié en deux les mains aux genoux, mais toi sur le carreau pour le compte, comme une ruine écœurante dans tes fluides répandus.
C'est moi qui vous racontai comment tuaient les dieux : je saurai bien vous montrer comment ils périssent, dans un crépuscule de plus en plus clair et aveuglant, disparaissant dans un éclat d'étain douloureux et sans espoir, dont la nuit inversée - à moins que ce ne soit l'enfer d'un jour éternel sous un soleil noir - subséquente de qui vous contemplerez le retour d'entre les damnés de Johnny Favourite, bouffi, défiguré, ravagé, et roi indifférent en ce royaume de peine.
Comme j'ai dit jadis : "If you don't want pain, you don't understand".

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