vendredi 19 mai 2017

Temple Nightside : The Hecatomb

Tu m'étonnes, qu'ils étaient sur Ancient Meat Revived... Limite le concept tenait juste pour eux - enfin, si l'on occulte l'intérêt en soi des possibilités de bonnes surprises, voire des résultats réellement étonnants dans la transposition et la réappropriation - mais le créneau du Cold Meat Industry-metal, plus encore que pour Grave Upheaval (qui, accordons le, signaient la plus pétrifiante prestation de ladite compilation), il est incarné en eux, en leur façon de riffer le black metal, en leur façon de le chanter : comme un putain de frigo. Pour vous dire : on pense à plusieurs reprises... à la reprise de "Necrose Evangelicum" par Grave Upheaval. On pense également à Mz.412 - non pas pour confronter les réussites respectives d'un hypothétique programme similaire, puisque les deux n'ont pas abordé la symbiose BM-CMI dans les mêmes termes - mais pour le coup, le flambeau a été repris avec ferveur. Vous voyez les murailles de la pochette ? La façon de riffer, et le relief des riffs également d'ailleurs, est à peu près d'une aussi inflexible sévérité verticale ; les guitares ne riffent pas : elles tombent ; et pour la température, j'imagine que vous avez senti la couleur : là-dessus en particulier, pas de doute, on a  affaire à un membre d'Ill Omen... Les vocaux sont aussi gluants que la prestation de Gary Oldman en Old Vlad, quand ils ne se perdent pas carrément dans cette bonne vieille Slaughterhouse, pour y désosser à l'aise le pauvre Urfaust qui n'en demandait pas tant. Pas tout à fait la Nouvelle-Zélande à laquelle on s'attend... à moins que ce ne soit là, tout compte fait, ce que j'espérais (ça devient tellement récurrent, cette pirouette, on devrait en faire une séquence de l'émission, hein Thierry ?) de la part de Misery's Omen. C'est ce qui est pratique, on finit toujours par s'y retrouver, dans le Chaos.
Pour vous sentir, réfugié sur l'îlot de votre sofa, tel Sigourney Weaver dans son appartement du 55, Central Park West, le disque est parfait ; et dans le même temps, si jamais vous parvenez à faire abstraction des copieuses écharpes d'air glacé qui viennent tout emmitoufler autour de vous, vous disposez d'un tout à fait commode album de black metal conquérant, en forme de fluides avalanches d'armées d'orques qui tombent de partout au plafond tandis que leurs tambours affreux claquent depuis le fond du bac à légumes.

Aucun commentaire: