mercredi 14 juin 2017

Danzig : Black Laden Crown

... Et sur une note moins égotiste, il serait de bon ton à un moment de rendre hommage à la hauteur d'un homme dénommé Tommy Victor.
Confessons que la première fois qu'on a lu son nom dans le line-up du Glen Big Band, on a tiqué. Et que s'il n'a jamais rien commis de honteux, mais que de très écoutable, à ce poste - ce n'est qu'aujourd'hui que tout soudain l'idée de son embauche paraît dans toute sa lumineuse évidence. Ce n'est pas tout à fait en dépit de lui, de son jeu de guitare caractéristique mais qu'il a parfaitement mis au service de la musique de Danzig, et de cet album en particulier, que Black Laden Crown est une si fabuleuse réussite ; pas tout à fait sans lui et son touché, sur lequel le producteur a exercé ses talents, que l'album a ce ton de cendre et de crépuscule merveilleux, et merveilleusement adapté au crépuscule vocal d'un Glen qui fait rimer la patine joufflue de Louis Armstrong et Elvis Presley... avec la cendre, qui recouvre tout ici, et fait que le prodigieux album a un pied fermement planté dans l'heroic fantasy adolescente, toute pétrie de désir de puissance virile, de sa pochette bien accordée à certains riffs quasiment dignes de Rob Zombie qu'on entend ici - et un dans le monde des albums d'hommes sans âge qui font mal, et le blues.

Ouais ; Tommy Victor guitariste de blues. Ca fait drôle, pas vrai ? Et voilà comment on se retrouve, des années après, avec la suite de How the Gods Kill ; tranquille.
D'ailleurs, "Eyes Ripping Fire", bien malin qui saurait dire avec certitude et bon ordre si c'est un morceau de Danzig ou un du meilleur Prong - la vérité étant qu'il est les deux... tout comme, à regarder en arrière, "How the Gods Kill" était déjà bien étincelant d'harmoniques furieusement prongiennes, autant qu'en tous points diaboliques ; ou comme, justement, les sonorités et l'ambiance sorcelière de l'intro d' "Eyes Ripping Fire" est un énorme rappel de How the Gods Kill. Ce n'est pas uniquement Tommy, qui a réussi son intégration : c'est Glen aussi bien, qui a enfin sublimé la mue industriel de son blues...
Je veux, que ça fait plaisir !

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