samedi 24 juin 2017

Viande : A la Mort !

La bonne musique est, comme la cuisine (audacieuse, la comparaison, pour un groupe pareillement nommé, pas vrai ?), une question tout d'abord de bons ingrédients. Ou encore pourrait-on dire - en veillant de n'aller pas s'embourber trop dans la théorie pour la théorie, à se demander le rapport entre ce qui va venir et : l'âge de l'écoutant, les styles écoutés, les préconçus esthétiques - que ce sont toujours les mêmes saveurs qui y reviennent, parce que ce sont les bonnes et il n'y en a pas non plus trente-six : oui, c'est un quadragénaire amateur de doom et de Motörhead qui est le locuteur ; pas un vingtenaire amateur de dream-black-step et frappé de zappite congénitale.
Bref : le death de Viande, c'est d'abord Witchrist/Encoffination/Grave Upheaval/Temple Nightside, comme saveurs de bases, mais que nos ladres maîtrisent largement aussi bien que les auteurs de la recette originale ; et ensuite cette touche, elle bien à eux, très industrielle voire indusrituelle, devant laquelle cette fois il sera très difficile de ne pas envoyer une purée (avec la viande, c'est de bon ton) de références telles que, en priorité, Brighter Death Now, Maschinenzimmer 412 et Swans, puis à l'envi SPK et... ainsi de suite. On le voit, il est question là encore d'un certain type d'industriel - le bon ? exactement ! - et on le devine aisément, un qui se marie par nature fort bien à la haute teneur nécrotique de leur type de death ; à la façon de celui-ci, un peu comme justement le dernier Temple Nightside, d'être lent jusqu'à l'inertie cependant même qu'il blaste à fond les gamelles ; de sonner plus putride, dans le registre statuaire funéraire, que précisément le dernier Encoffination ; en révélant clairement - si l'on ose dire, mais "joliment" eût été encore pire - la nature superlativement rituelle, voire sacrée, de Viande et d' A la Mort. Comme du reste on pouvait le subodorer à lire la liste de beau linge un peu plus haut, à laquelle ne manquait qu'un Of Darkness dont d'ailleurs Viande fait un très chouette cousin, avec sa façon de peindre des cimetières tout à la fois fournaises et chambres froides - Viande vient ici s'inscrire dans la catégorie très sélective du Cold Meat metal.
Mais de sacré il est bien question, lorsqu'on change ainsi le Styx en égout clapotant, et celui-ci encore après en banquet sans fin. Entre cette petite chose-ci et le nouvel Impetuous Ritual, l'été (s'il est une saison faite pour le death metal...) s'annonce fort bien, et voué aux extases du vaudou sub-cthonien.


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