mardi 4 juillet 2017

Undergang : Døden Læger Alle Sår

Alors là, dans le genre nauséeux, on aura du mal à faire mieux. Avec une pareille basse - un tuyau d'échappement qu'on vous donne directement à téter, plutôt - on ne court guère de risque de mal faire, pour sûr - mais pour être sûr Undergang en seconde l'effet avec une guitare chaude et clapotante comme la deuxième vague de gerbe qui monte tranquillement, réconfortante, accommodante, enveloppante ; et le triple avec une abondance de tempos popo typés goregrind, idéaux pour parachever le mal de mer que procure une virée sur les mers jaunâtres de la bile et des grumeaux ; et puis, bien entendu, il y a la voix de Mikkelsen, comme un long et morne rot qui marmotte du début à la fin de l'album, brûlant et réconfortant lui aussi, qui vous berce de ses histoires de flaques de vomi, de vers qui grignotent, de fluides qui dégoulinent lentement le long des murs
C'est bien simple, l'affaire est tellement rondement menée, que même un solo étincelant, arrivant comme un cheveu de princesse sur la soupe au caca du dernier et plus dégueulatoire morceau du disque - n'est plus en capacité de rompre le charme, et se pare lui aussi des couleurs du vomi universel, et d'un halo doré comme le staphylocoque du même nom.
On peut parler d'un véritable art de rendre le sordide le plus macabre et le désespoir le plus gluant, accueillants, chauds et rassurants ; parce que, n'en doutez pas, tout comme pour Wormridden, on se marre bien à décrire leur musique, mais nettement moins à l'écouter : prêtez l'attention deux secondes au monocorde murmure d'égout de Mikkelsen, au grognement horriblement vitreux de sa voix - non mais sérieusement, quel caractère hypnotiquement impérieux est celui de ce continu torrent de grumeau de ténèbre... cet homme ou en tous les cas cette voix, est au gabarit d'un mythe, d'une bête fabuleuse - ; au clapotement de cette hideuse batterie, capable en un clin d’œil et sans aucun accroc dans sa fluidité diarrhéique, de passer du titubement de zombie las au pas de charge létal certifié Bolt Thrower, où à la house music pour vermine coprophage ; au trépidement de moteur de cette abominable basse, qu'on croirait Ben Green mais mordu par un mâtin enragé...  Votre esprit est irrémédiablement souillé ; vous réalisez qu'entre terreur et terreux il n'y a qu'un frémissement.
Døden Læger Alle Sår, c'est à la fois "enfin du goregrind qui groove vraiment", et "enfin du goregrind qui donne pas envie de rigoler et de péter". Un tour de force assez peu banal, quand on y songe. Tout comme celui qui va consister à devoir intercaler le disque pile entre ceux d'Autopsy et ceux de Circle of Dead Children.

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