mercredi 12 juillet 2017

Wolfkhan : Cyber Necro Spirituals

De la dark-wave à forts relents, combinés, de C.A.I. 777, Calva Y Nada, Limbo... de la meilleure possible, bien biscornue, heurtée, gibbeuse et ombrageuse, ainsi qu'il se doit, donc ; mais exécutée par des types sortis d'un groupe de metal ingrat quelconque, dont le nom importe peu - d'ailleurs je l'ai déjà oublié, un truc du style Thy Blaze of Azazel Pandemonium, casez un K quelque part démerdez vous - et c'est exactement comme ça que ça sonne : dénué de tout trop-plein testostéronal de personnalité à affirmer côté metal, juste ce qu'il faut d'animalité en bagage, un peu à la manière de Wolfpack 44...
Mais alors un hirsutisme dont la transposition, et la transmutation, s'avère parfaitement réussie, puisqu'en résulte que le disque tour à tour et sans résoudre son ambiguïté évoquera Punish Yourself, que j'ai vu cité ailleurs, pour son côté primitif et dionysiaque, ou bien Mother Destruction, pour la sourde exaltation celtique de son chamanisme, voire carrément Fever Ray, pour ce halo étrangement new-age à sa dance tribale, sourde elle aussi : on voit si le disque est univoque ; ce qui n'est probablement pas pour rien dans le fait que l'album, avec les seuls expédients de ses sonorités et effets que d'aucuns jugeraient probablement ringards ou bon marché, au regard de ce que les velléités occultistes modernes sont capables de déballer, avec une ostentatoire opulence - s'avère bien plus rituel que bien des choses ritualistes, grâce à cette aura de secret nocturne, de cérémonie discrète, de magie ombreuse, bref de mystère au sens premier, qui l'entoure à chaque instant.
Ce pourrait être la langueur d'une fin de calme bacchanale vespérale, sur une île perdue dans le Pacifique, où Dagon coulerait des vieux jours doux, entouré pour changer de moelleuses hétaïres baléares ; ou bien les premiers cris de loup dans le crépuscule sanglant d'une région égarée de l'Est européen, à l'heure où langoureusement les vampires s'étirent. C'est un étrange petit monstre tel qu'on n'en avait vu l'égal depuis Les Berrtas.

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