dimanche 20 août 2017

Alice in Chains : Facelift



1992, ou 1993 : le jeune Boris*, qui n'a pour lors découvert les séductions qu'exercent le hard rock et les Guns'n'Roses que depuis une rentrée, tombe sur ces choses ci-dessus - et l'album qui les entoure, où figure également une certaine "Love, Hate, Love", que le pauvre bambin écoutera deux-mille-sept-cent-quatorze virgule trois fois dans l'été qui suivra - et se retrouve, désarmé, confronté au fait, saisissant, figeant pour l'esprit qu'il soit jeune ou vieux, que ce sleaze-rock tout juste découvert peut également être pratiqué par des vampires en pleine décomposition, et de ce fait en appeler par surcroît aux germes incurables du gothisme, qui furent implantés en lui des années avant, dans ses années encore plus tendres, par une cousine corbac et ses cassettes mêlant Cure, Sisters et Front 242. La première rencontre avec le Mal : celle où l'on découvre qu'il a déjà un appartement à son nom en vous, dans lequel il passe toutes les saisons chaudes.
Boris, il va sans dire, succomba sans aucune chance d'en réchapper.
Aujourd'hui, lorsqu'il ressort ce disque, force est de constater qu'il lui fait très exactement le même effet qu'alors : la peur, et une sueur froide d'excitation dans le dos - les chansons, les photos, les paroles. Tout transpire le mal, et la maladie. Tout commence là, et les années qui viendront auront beau voir le monde sembler entamer une longue escalade du glauque et du malsain, pour finir même, des années après, par enfin gazéifier dans l'ellipse, et atteindre une sorte de stratosphère où l'on dépasse le ridicule pour toucher à l'art à nouveau, avec des choses telles que True Detective - l'on ne dépassera pourtant jamais le pouvoir qui se love dans la suggestion derrière cette nudité-là.



*Les prénoms ont été changés, pour des raisons évidentes d'anonymat

2 commentaires:

Raven a dit…

Bonne idée de le ressortir celui-là, tiens. Après un Babyteeth/Pleasure Death ça devrait couler tout seul..."Bleed the freak" me rend chose rien que d'y penser.

gulo gulo a dit…

M'en parle pas, pour la peine je l'ai eue dans la tête toute la soirée en essayant de m'endormir, "Bleed the Freak".