mardi 22 août 2017

Casio Judiciaire : Démo Rose

Bouge de là, Perturbator, et avec toi toute ta clique de peigne-culs, tous tes potes les grands qui redoublent leur quatrième ; serre les fesses, Diapsiquir, ou bien apprête-toi à-z-périr en direct sur Videodrome : il revient, le brundlemouche de Miro Pajic, Oliver Chessler et Jesus Cry Stalin. Comme on dit, entre Vibroboy et Tetsuo, Casio Judiciaire ne choisit pas : ça tombe bien, nous non plus.
Un son de synthé dégueulasse comme t'en as rarement entendu, qui fait peser sur tout le disque une ambiance de terreur larvée - comme se larve une TRÈS grosse larve, suintante et ruisselante bien entendu, de toutes sortes de fluides tous plus psychotropes que la bave de cent crapauds alvarius ; promesses de cauchemars sans fin pour te prouver que le voyage chamanique ça n'est pas un truc de connard de hippies, mon gaillard. Non, des disques qui te plongent ainsi - au sens propre, façon interrogatoire à la baignoire, méthode Shallow Graves - au cœur de l'action psychotrope, il n'y en a guère d'autres (à part le double de Hypnotizer, qui ? certains morceaux de Binaire, peut-être ?), et au cœur de ce genre d'action c'est le cambouis de la vie où l'on patauge jusqu'aux yeux, dans la viscère frétillante, brûlante, languissante, on parle ici des hallucinations auxquelles sont en proie tes organes internes, et leurs parois outragées par les molécules les plus ignobles : sont-ils seulement des hallucinations, ces tentacules qui lentement se frayent un chemin hors des braguettes ? Cette rose démo enlève les îles du Trésor des Îles Chiennes, pour s'adonner évidemment aux chiennes et à leurs trésors de chiennerie ignorés d'elle - jusqu'à toi, et ton imagination allumée par la faramineuse dope -, donne un sens nouveau au mot downtown, ouvre des traboules qui déboulent chez Zulawski, calembourre à tous les râteliers (entre Terence Fixmer et les VRP : non, Casio Judiciaire ne choisit pas, non plus qu'entre The Klinik et Charles Bronson) avec une narquoise bestialité, et sans aucun frein défonce de tous ses beats plus pilons les uns que les autres les muqueuses plus terrifiantes encore, dont font reluire la nacre ces immondes riffs de synthés, qu'ils donnassent dans le sordide tendance Morgue Mechanism ou dans le futurisme le plus sectaire et son positivisme totalitaire ; J.G. Ballard va vous prendre des airs de David Hamilton, en face des couleurs que vous verrez céans, et de toute cette poésie de la viande et de l'outrage.
On ne rend évidemment pas justice à pareille musique des pires démons de benne à ordures du futur : elle se la rend bien assez elle-même, et elle se paye sur la bête, sans demander consentement pas même au plus infime neurone. Oubliez tout ce qu'on tente à la sauvette de vous vendre comme du synthétique par les temps qui courent : ni plus ni moins que de la mauvaise coupe, dégoûtante : à l'humanité ; de la camelote sentimentale de bas étage. Le voici, le vrai synthétique pure synthèse de saloperie chimique qui nique ton âme toute choucarde.
Je t'en foutrai, moi, de la "synthwave". ELECTRONIC, BODY, MUSIC : c'est pourtant clair, non ? Quand bien même ce serait la seule chose à l'être, cette rose nuit...
Bref, on a compris : c'est salissant. Très salissant. Mais vous saurez dès les premières notes, si vous avez déjà été ici, ou pas : où les obscénités les plus grasses et brutales peuvent sans prévenir vous bouleverser et vous glacer le cœur. Pour ce que ça change. De toutes les façons vous y êtes jusqu'aux yeux, et vous ressortirez pas intègres.

1 commentaire:

sergent_buck a dit…

En effet, il manquait un tag sur la page du disque... merci pour le rappel à l'ordre !
Ah, et merci pour le petit coup de pied au cul à notre bon Perturbator en début de texte. La ptite référence du premier titre ne passe pas inaperçue, c'est cool !