samedi 2 septembre 2017

Atriarch : Dead as Truth

On peut bien, allez, essayer de décrire Atriarch, ou du moins les portions qu'on aperçoit de son corps : du deathrock à l'évidence, obédience située quelque part entre Bauhaus et Usherhouse ; du punk hardcore, lui vagabondant entre Neurosis et Amebix ; et du black metal très sanguin et rabique.
Mais à quoi avance-t-il ? Assez à la façon de The Body quoique de bien moins ostensible façon, Atriarch ne ressemble à rien de déjà entendu ; vu, pour ça en revanche, oui : vous avez déjà posé des yeux, inquiets, sur un ciel d'orage bien fatidique ? Plus que jamais, plus qu'avec le presque apaisant couvercle nuageux de Forever the End, dans Dead as Truth la musique d'Atriarch menace, explose même parfois... mais jamais longtemps, ni de décisive façon - ce serait trop facile ; pour vous, s'entend. Atriarch accuse, accable, on ne peut que noter et être frappé par la crudité et la candeur punks du propos, cadences autant que harangues ; mais il vous laisse vous démerder avec, il ne vous exécute certainement pas - à quoi bon, aussi, puisque vous êtes tous morts, il ne laisse pas de vous le rappeler charitablement ? Non, Atriarch ne paraît pas être là pour la révolution, ni même pour exprimer sa révolte : juste pour la jouissance narquoise de vous agonir, de ne pas vous laisser en repos, douillettement emmitouflé dans la couette de votre illusion de vie, et d'espoir : tout est joué, et vous êtes déjà foutu. C'est aussi simple que cela, c'est même en grande partie ce qui trouble avec ce disque les premiers temps : la simplicité de ce qu'il pointe et la façon dont il le pointe crument de sa griffe difforme. L'abîme, avec une limpidité sans fard ni répit, même dans ses moments de sinistre et indifférente lézarderie.
En fait c'était tout con, d'approcher et adopter ce grotesque petit amas de bouts de tubisme mort-né : du deathpunk des enfers.


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