samedi 30 septembre 2017

Protomartyr : Relatives in Descent

Comme j'en ai désormais pris l'habitude - parce que chacun de notre côté nos goûts ont évolué sur leur propre voie - il a fallu gratter et creuser, avec le dernier numéro de Noise mag, le lire ainsi qu'on le fait d'un oignon ; mais comme chaque fois cela fut fait, car comme chaque fois, il y avait un album à ne pas louper dedans, un que sans eux j'aurai loupé ; comme chaque fois, ce bon vieux magazine recelait un album qui a lui seul justifiait qu'on l'achète et le lise. Et cet album c'est de toute évidence Relatives in Descent.
Rien que cette sacrée bon sang de bon dieu de voix : comme si que Nick Cave, au lieu d'être cet écrivain-réalisateur-auteur-compositeur sociétaire d'Arte, cette espèce de Tim Burton pour vieux cons, était un mec suprêmement cool et blasé venu de Chicago, comme qui dirait sorti d'un roman d'Eugene Robinson ; et que dans le même temps il vous avait, sous-jacents, de ces airs d'être prêt à se briser à tout moment tel une corde trop tendue, à ne vous laisser d'autre choix à citer, que Daniel Darc. Il faut dire aussi qu'il s'appuie sur un groupe qui a l'élégance de Stranglers qui auraient réussi à se faire saper chez le tailleur personnel... d'Oxbow, justement ; pour qu'il fasse renaître cette élégance typiquement new-wave que des groupes comme U2 et Interpol ont dévoyée, rendue vulgaire et tarte : en y refaisant briller la gouaille punk (on entendra même passer les Clash), en la faisant resplendir et écraser de sa morgue, cintrée dans les matières raffinées, propre à mettre en valeur un don pour la poésie valsée, à vous faire en fin comprendre ce qu'est le "post-punk" : cette chose que jouent aussi bien Self Defense Family, Girls Names que The Walkmen ou Andrew Weatherall ; cette chose où Protomartyr introduit son jazz des rues ; et sa tension permanente (le meilleur de Sonic Youth voire Bästard, qu'on entend affleurer dans l'ombre çà ou là) qui ne se départit jamais de la plus exquise distinction...
Ah, on me fait signe que je me répète, que l'horloge tourne et qu'approche du moment où il faut balancer les punchlines de conclusion : vous ne voyez pas le point commun entre tous ceux qu'on a cités, et encore And Also the Trees, et Fugazi ? Normal, vous n'avez pas encore entendu Relatives in Descent.
Y a pas à dire, c'est beau, l'anxiété - mais vous le saviez déjà, j'espère ?

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