lundi 9 octobre 2017

Death Trip : Madhouse

Allons bon : qu'est-ce que c'est que ça ?
Ils sont finlandais, ils se réclament (ou du moins leur fiche promo, pas sûr qu'eux réclament grand chose d'articulé) d'Hawkwind et des Stooges, jouent ce que probablement l'on peut qualifier de proto-punk, avec des morceaux qui sans rapport apparent - ni même aucun semblant de logique vraiment probant, autre que l'appétit de leur instant de combustion - avec le degré de sophistication de leur riff ou leur vitesse, durent aussi bien trois que quatorze minutes... Ils feront penser à 1969 Was Fine, Alien Sex Fiend, Motörhead (le groupe de Bomber), Endless Boogie, Lecherous Gaze, Suicide, Monster Magnet (l'auteur de Superjudge), Jesus Lizard (le groupe de Goat), Unsane... Bref : du rock'n'roll. Du bouillant, du dont la pochette dit assez bien la volonté, justement, de ne rien professer et de ne surtout pas faire date (Madhouse est cette année le premier album de Death Trip, qui sont apparemment actifs et révérés dans leur pays depuis les années 90 : assez dit) - mais par le fait, de le faire chaque fois que le disque joue, tant d'évidence il est question d'un de ces disques-là, de ceux qui font le rock'n'roll un éternel présent pendant toute leur durée : le présent permanent de cette pulsion animale, de vie qui mange la vie, de ce tambour de la mort qui bat aux tempes à en faire taire tout le reste, de ce blues vaudou... Oui, "le rock" est plus concis.
Les morceaux les plus lents, toutefois, sont encore les meilleurs, évidemment : parce qu'ils sont lents, parce qu'ils sont longs, parce qu'ils sont Finlandais, parce que "Sweet Revenge". La douceur, toutefois, avec la quelle se sirote comme petit lait toute cette démence brûlante, cette fureur dionysiaque, est consubstantielle à tout le disque. Vous l'ai-je dit ? Ils sont Finlandais. Un asile, pour se retrouver en paix au milieu des démons implorants, hululants, sanglotants de joie priapique lancinante.
Voilà, ce que c'est.

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