vendredi 20 octobre 2017

Iron Monkey : 9-13

Ce titre bien moche ? Cherchez plus, c'est une formule de mathématique, obligé, qui explique que l'album soit fichu comme il est.
9-13, ce sont trois morceaux pour vraiment rien, et pour ne rien arranger ils se suivent à l'entrée du disque ; trois morceaux qui sont là pour tout sauf rien ; et trois autres morceaux : de sludge ultra-ultra-porc, comme tout le reste du disque, en conséquence de quoi selon les jours et le degré d'ébriété ils pencheront vers un camp ou l'autre ; voire, certains jours, échangeront de rôle avec la première catégorie - jamais la deuxième.
Ce qui est certain, c'est que l'album n'a pas la moindre importance, n'est pas un grand disque.
N'empêche, ces trois morceaux-là - "Toadcrucifier", "Mortarhex" et "The Rope" - leur ultra-simplicité ultra-brutale... C'est à vous faire croire que vous n'avez jamais entendu un truc aussi bestial ; puis, à vous remémorer une sensation que vous croyiez perdue dans les tréfonds du passé : la toute première fois que vous avez entendu un disque de sludge - un disque d'Eyehategod ou Soilent Green (ou d'Iron Monkey, allez), je vous le souhaite, sinon vous vous êtes gâché votre première fois et je ne peux rien pour vous.
La stupeur, atterrée presque davantage que terrifiée, devant l'audible preuve d'une telle négativité crétine et nuisible, aussi massivement bovine et aussi massivement malveillante ; avec cette seule nuance, concernant ce bluescore-ci, qu'on parle de sludge anglais, dont les instincts qui lui servent d'idiome rudimentaire sont donc plutôt ceux propres aux amateurs de football.
Là, pendant les trois morceaux, dont le premier vient juste après les trois de mise en jambe, on n'a plus le sentiment d'entendre un type trottiller, aussi péniblement et ahanant que lui permet sa balourde carcasse, derrière l'ambition d'une folie digne de succéder à celle de son prédécesseur au poste (un certain Morrow, vous avez peut-être entendu parler) ; derrière Iron, le guitariste, et Monkey, le batteur, comme une sorte de meneur de jeu à la traîne - mais un pack de lourdauds, une formation baptisée Iron Monkey, soudés et propulsés dans la même furie épaisse, laquelle n'a rien ni de baroque ni de grandiose, mais tout de flippant - de compacte connerie. Les trois à l'unisson lancés comme des rugbymen dans une partie de football. C'était donc ça, 9-13 : probablement un schéma de jeu, après tout.
Un bon petit disque de punk-rock de gros lards, dont un achat en vinyle ne rimerait solidement à rien, si vous me suivez. Pas plus mal que je ne l'ai pas mise sur Slow End, celle-là : j'aurais dû choisir entre "this, is, England" et "en, bidoche, armée", ça m'aurait fait chier.

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