jeudi 12 octobre 2017

Loincloth : Psalm of the Morbid Whore

Quelque chose s'est passé. Le changement est subtil : il y a bien, le plus évident, estompement et disparition de ces récurrentes façons de taureau, de piaffer d'impatience colérique sous l'épaisse peau de riffs, mais le tempo global a-t-il véritablement ralenti, par rapport à un Iron Balls of Steel déjà peu véloce ou même alerte, garni qu'il était de sa copieuse couenne métallique, cliquetante et grinçante ? Non, il s'est passé quelque chose, qui a changé avant tout l'humeur de Loincloth ; laquelle, elle non plus, n'était déjà pas la plus festive que l'on connaisse, mais possédait du moins, dans sa rage maussade, sourdement trépidante, une certaine forme d'appétit, de mordant.
Loincloth aujourd'hui est lourd, abattu, congestionné d'humeur noire. On pense à Crowbar, avant de se relire et s'apercevoir qu'on y pensait déjà en présence du disque précédent... On y pense encore plus, pourtant. Une sorte de Crowbar totémique, peut-être : avec ce que la figure comporte de Pantera en phase terminale d'obésité morbide, et de grosse bête placide occupée à se vider tranquillement de son sang, pour mieux repartir piétiner ce qui se mettra en travers de sa neurasthénique route. Psalm of the Morbid Whore, c'est en somme le nom d'une hémorragie interne qui infuse de rosâtre les plis maussades d'une sorte de bouse de brontosaure fossilisée en boue métallique. Encore une pochette honnête.
Quelque chose s'est passé, et l'histoire s'achèvera sur ce mystère, au beau milieu de cette forêt hivernale guère bien rassurante, sur les derniers échos du grondement grinçant de cette bête que l'on n'a fait qu'entre-apercevoir, ombre lourde entre les futaies. Loincloth raccroche.

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