mardi 21 novembre 2017

(Dolch) : III - Songs of Happiness... Words of Praise

Mince, mais c'est qu'ils sont devenus bons, ces cons. Et comme, nul ne l'ignore, j'aime qu'un groupe me remette à ma place, je n'en aime qu'encore plus ce disque, qui sonne de même que le précédent (un récapitulatif des démos, à ce qu'il apparaît ; publié dans un luxueux apparat bien prétentieux pour cela, donc, mais certes des démos), l'idée à la base de (Dolch) étant chose très simple, mais parvient à décliner cette délicate, fragile idée simple, moduler cette onde en formes successives dont la beauté n'est pas la même répétée et donc graduellement ternie, comme c'était le cas sur le disque précédent, que j'avais d'autant plus éreinté que j'étais frustré de ce qu'il aurait dû être (à savoir, donc, le présent), et agacé de la façon dont il gâchait la bonne idée à sa base - puisqu'il faut bien à un moment à elle en revenir :
Vous voyez les collaborations Der Blutharsch/Wolvennest, ou bien les albums de Menace Ruine, oui ? Eh bien imaginez si ces disques étaient réussis, et déployaient toute l'ampleur à laquelle ils aspirent. Voilà le premier album de (Dolch). Mais alors, vraiment bon ; du genre, comme dans "qui donne sens enfin et direction (vers les cieux), à toutes ces années" de pseudo-tâtonnements dans tous les recoins hydrophiles du blackdronegaze machin, en des albums la plupart du temps trop faits de trois plages longues comme un jour sans pain, passées à flatter ses pédales d'effets du bout d'un pied pensif, sans la moindre voix ni, corollairement, la moindre émotion convenablement gothico-médiévale... Car oui, l'on a dit Blutharsch/Wolvennest, cela sous-entend The Moon Lay Hidden Beneath a Cloud, mais en l'occurrence qui croise... mieux que Burzum : ses plus brillants descendants, Opium Warlords, Bosque, Horse Latitudes (tiens, je suis en train de réaliser, un peu tard, que j'avais vraiment raison, dès le début, de rêver à imposer la présence de Filosofem, sur le webzine doom où j'ai sué si longtemps...) et ainsi de suite. Des choses, telles que Songs of Happiness... Words of Praise,  septentrionales autant que mystiques, et austères, et pourtant enchanteresses. Le disque paraîtrait presque peint par un Alan Lee qui finirait ses tableaux à l'acide.
C'est, aussi, que dans la trame des rideaux de cette pluie immobile à la semblance d'un mur de métal verglacé (digne du Byla+Jarboe), l'on aperçoit des feu-follets de Poe-music dans la façon Amber Asylum, qui contribuent encore à lui donner des profondeurs vitreuses de cathédrale : envoûtant, au sens propre ; puis que celle-ci s'aère çà ou là en des trouées écroulées, par où l'industriel martial que l'on pourrait commencer à craindre, se mue en industriel forestier, druidique avec solennité et néanmoins un recueillement plus tourné vers soi que vers la démonstration ; ce qui décrit assez bien la teneur de l'album, ainsi que les mots de "profonde respiration" qui vont avec - qu'elle halète, pantèle, marque doucement le pas, ou bien fasse au grand jour resplendir les choses des abysses qu'elle a pêchées. A quoi il convient d'ajouter, pour nuancer subtilement, du Fvnerals rentré dans les ordres - les guerriers, c'est à dire. Cette fois, pour de bon Freya Aswyn et 6th Comm ne sont pas loin, dans les brumes avides où l'on croirait presque croiser également une Jex Thoth rendue exsangue par l'élévation au grade de Valkyrie.
Oui ; ces chansons-là, malgré tout ce qu'on peut communément attacher à la plupart de leurs caractéristiques et épithètes conventionnels, parlent en vérité du bonheur, et de la grâce qu'il faut rendre pour lui. En toute simplicité. Dark-wave, sacred dark-wave.

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