samedi 18 novembre 2017

Mhönos : LXXXVII

Il est des albums auxquels les ombres du soir donnent un relief qu'ils ne font qu'emprunter, et qui à la lumière du jour ne se voient simplement pas. Dans le metal et l'univers des musiques supposées sombres, c'est une escroquerie fréquente, que l'on se joue à soi-même comme auditeur, un dévoiement de la suspension d'incrédulité. Et puis il y a ces disques qui vous font retrouver votre âme d'enfant, comme devant les contes de fées ou les Gremlins : ceux dont vous sentez parfaitement les mauvaises intentions même en plein jour, et dont pour précisément cette raison vous redoutez comme une histoire d'ogre l'écoute à la nuit tombée ; l'ampleur épouvantable et bien différente avec laquelle leur pouvoir de nuisance, bien réel, doit y prendre pignon sur vous.
LXXXVII, on le devine, est du nombre, de ceux-là.
Quant aux disques qui se piquent de sacré, l'on distingue ceux qui méritent bien la réprimande mortifiante d'un "ritualiste" ; et ceux pour lesquels le qualificatif adéquat est : rituel. Parmi ces derniers, LXXXVII n'est pas le dernier ; voire un des plus cuisants - et des moins résistibles, tant le penchant desdites musiques à se montrer hermétique, pour qui n'est pas déjà en entrant dans le transept à demi converti, ne concerne pas du tout ces Mhönos : volontaire ou pas, crédule ou matérialiste, il est difficile de passer à côté des mauvaises vibrations que l'album vous envoie pleine face, comme un vent du tombeau qui coule vers le haut, avec la lenteur de qui se sait sûr de son affaire, sa puissance, son intention ; ces choses-là, savez-vous, vont souvent avec la foi, et quoi que vous pensiez de cette dernière vous ferez toujours bien d'être sûr du tort qu'elle peut vous causer, le décide-t-elle.
La croisade a commencé, et bientôt elle submergera votre jour.

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