vendredi 29 décembre 2017

Bloodiest : Bloodiest

Le sens du tragique vespéral, la fièvre épique, les grands espaces, l'animisme : qu'on y songe un instant, il existe un certain nombre de points de concordance, entre Primordial, Wovenhand et Neurosis ; de quoi fertiliser entre eux un conciliabule passionnant, dont le religieux murmure est cet album de Bloodiest, avec ses inflexions et ondulations nerveuses à l'égal d'un disque de simple rock anxieux, tel un Slip ou un Undertow, et ses morceaux qui pourtant dans leur  gabarit relativement ramassé et trapu, avec leur chant de comanche, semblent le véhicule d'animaux aux dimensions autrement plus cosmiques.
Vous décrire les mille et les mille que vous fera parcourir chaque chanson à elle seule, richement pérégrinante comme une méditation de plusieurs mois, de ce rock de solitaire du wilderness, serait aussi vain précisément que tenter de raconter un morceau de Primordial, à moins que vous ne vous appeliez vous-même Raven. Je vous dirai donc seulement que Bloodiest est la chanson d'un coyote angoissé qui rêve de The Eye of Every Storm et, au lieu de Relapse (tout comme du reste le dernier cité), aurait amplement mérité sa place chez Neurot aux côtés de ses frères les disques de U.S. Christmas.
Vous savez tout.

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