mardi 2 janvier 2018

Esoteric : Esoteric Emotions - The Death of Ignorance

LE death metal. La sensation très précise d'être installé pépouze dans un caveau aussi frigorifique que bien garni en salpêtre, mais - Esoteric oblige - en très grande banlieue du cosmos ; genre, dans l'Oise du cosmos.
Le chant EST la pulvérulence. Y a pas, parmi les fils de Godflesh, y en a des beaux bébés...
Une musique en noir et blanc poussiéreux et grinçant, comme un vieil épisode de Twilight Zone, et qui vous fait dire que finalement, Esoteric c'était encore plus convaincant - du point de vue "réalisme" - dans toute sa crudité, lorsqu'ils n'avaient pas mis les moyens hollywoodiens, en effets spéciaux et mise en scène ; et surtout les irisés, bien qu'on puisse dessiner de belles horreurs avec de l'irisé. D'ailleurs, la musique de cette démo fait appel à peu près à la même opulence de moyens et d'effets que Raison d'Être jusqu'à Prospectus I, obtenant assez logiquement la même puissance de résultat, et de projection de l'auditeur dans un bunker (on pense irrépressiblement aux premières cassettes de Dirge, mais écoutées sur le poste d'un trappiste en putréfaction) spirituel de catégorie ultra-supérieure, au-delà même des très belles prestations de la démo de Noothgrush, question absence de vis-à-vis et autres nuisances de voisinage ; Raison d'Être, ou à peu près n'importe lequel des glorieux jeunes protagonistes de la compilation In the Butcher's Backyard, dont du reste on se situe ici dans les mêmes parages esthétiques, au cœur de paysages de charniers paisiblement recueillis sous une fine et universelle couche de neige post-atomique.
Le bad trip dans ce qu'il a de plus douillet et moelleux ; et le death metal assorti... LE death metal, vous dis-je ; vous vous rappelez avec honnêteté la première fois que vous avez entendu parler du genre, aperçu un logo, une pochette, une photo promo ? Pour ma part, c'étaient une page même pas entière, presque sous le manteau, à la fin des magazines de Hard, la rubrique extrême, des artworks surréels de Seagrave, des titres de morceaux de Cannibal Corpse à la brutalité stratosphérique, des photos de Meathook Seed ; ça ne rassurait pas de trop. Les démos d'Esoteric, c'est ça : un truc morbide, macabre, malade, qui vient du tombeau, et de ce qu'il y a derrière ; qui vous répugne, et vous fascine. Le death metal.
Quand même, on aura beau dire, l'extrême anglais dans les années 90, c'était quelque chose. Justin et Lee nous ont prouvé de fraîche date qu'ils pouvaient l'être toujours autant, et ne boxaient toujours pas dans la même catégorie qu'un paquet de minots arrivés depuis ; ce serait sympa qu'un certain Greg suive l'exemple, puisqu'il fait apparemment partie du club.

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