samedi 6 janvier 2018

Human Anomaly : The Blind Juggler

J'aime beaucoup - beaucoup - Pork Soda : que ce soit dit sans ambiguïté aucune, il est ma référence concernant Primus, et fait partie plus globalement des expériences musicales formatrices de mon adolescence. Mais je confesse regarder un peu ma montre pendant "Hamburger Train", et aussi le morceau sur le brochet. Et quand bien même le riff de "My Name is Mud", entendu une fois sur MTV, a changé ma vie pour toujours, je ne peux m'empêcher de rêvasser mollement sans trop le vouloir à une version de l'album plus... molle, justement, à la façon d'un reblochon mis à tout doucement fondre dans un micro-ondes dé-réglé sur les fréquences interlopes de l'Interzone, quelque part dans la cambuse de la cave sous cette maison perdue et fermée aux rayons du soleil que décrit "Nature Boy" ; une version plus franchement fantastique, doucement caressés par les vents moites du surnaturel, qui font toutes choses mollement et lascivement pendelocher, comme "Bob".
Enfin, pour un procès-verbal clinique des symptômes, ç'a déjà été fait, à bon entendeur... non, rien, pardon.
On pourrait encore joncher ce texte de quelques noms pour avertis, en pensant aider à situer le lourd climat d'étrangeté de The Blind Juggler : Misery's Omen, Shub Niggurath et d'autres - mais l'on a bien saisi, déjà, le genre de sonorités grinçantes (Mr Krinkle ?), gibbeuses et claudicantes dont il était question ; ce qu'il faut, en revanche, bien se mettre en tête comme bizarrerie rare à trouver ici, c'est que toute cette polyphonie multi-sensorielle du grinçant et du gauchi se traduit dans un disque qui pas un seul instant ne se départit de sa qualité principale, à savoir : se montrer invraisemblablement moelleux. Au moins aussi caractéristique du disque, et le caractérisant de bout en bout, que son insoutenable parfum d'irrésolu.

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