samedi 13 janvier 2018

Rebirth of Nefast : Tabernaculum

Une croisade interstellaire, ainsi qu'il se semblerait à la faveur de certaines guitares dans la manière de 777 : Sect(s) ou Skullreader ; un voyage en caravelle, comme en donnent le goût certains passages qui semblent voir des trouées de lumière gonfler nos voiles d'espoir et donner maigre pitance à respirer, entre deux cruelles tempêtes ; et pourtant, tout au long du disque, jamais on ne perdra complètement la sensation de s'enfoncer toujours plus loin dans une cathédrale de chair palpitante, entre les vesses de ses vitraux gonflés de sang, nimbé de leur moite et lourde lueur, les sens rendus pâteux, des inflexions barbares répondant depuis le fond de notre inconscient, peu à peu éveillées par l'ivresse.
Tabernaculum est de ce disques qui vous instillent l'envie d'exercer au fer rouge un draconien droit d'auto-inventaire : sur toutes les fois où vous avez employé le mot "envoûtant". Un disque infernalement black metal, non pas en dépit mais en vertu, osons nous exprimer ainsi, de la proportion non négligeable qu'il accorde à des formes de mouvement... qui donnent envie de mots qui conjugueraient les significations de "rampant" et "envoûtant" ; de sa façon religieuse de ramper, de sa façon d'illuminer - là encore, un droit d'inventaire est à exercer, sans pitié, sur toutes les fois où l'on a dit (je ne suis pas concerné, pour le coup), que le black orthodox était lumineux - avec une pénombre rouge, moite, ainsi que le feraient des lanternes qui seraient  des cœurs humains sourdement palpitants, et avec cette voix qui semble celle de la pierre soudain ruisselante de vices sordides qui semblent être les plus augustes et pieuses qualités du sacerdote - celui dont la voix l'avait fait confondre avec la pierre volcanique ceignant ce ventre de la terre où nous voilà. Un black metal qui serait devenu la musique des enfers et de l'infra-monde, pour de bon, au lieu que d'être comme bien souvent celle des démons tout rouges et cornus qui semblent n'apprécier que le rythme des cavalcades apoplectiques. Des enfers où s'aventurer vivant, pour y connaître l'initiation, et la béatitude. Une musique parfaite pour relire Le Pendule de Foucault. Une cloche hors du monde, un sauna de l'âme, un refuge : le temple du sang, qui se tient là, tout près, à notre disposition. Le black metal comme musique secrète de la gloire et du sacré des humeurs intimes.

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