jeudi 18 janvier 2018

Sacrilege : Within the Prophecy

Il paraîtrait que Sacrilege est une influence de Bolt Thrower : on le croit volontiers, à écouter cet album, quand bien même ce qu'ils partagent ne serait qu'une certaine façon de mettre en acte un principe guerrier assez fondamental : ne jamais reculer. Sacrilege comme Bolt Thrower ne cèdent jamais le terrain, et foncent toujours droit devant, droit au ventre de l'ennemi, le sang qui sue des gencives et des globes oculaires, la certitude de la justesse de sa mort et de toute sauvagerie mise en œuvre jusqu'à y parvenir chevillée au boyaux.
Sacrilege, c'est le croisement de Christian Mistress, Amebix (vous trouverez même un peu de guitares à la Geordie Walker sur "Spirit Cry", appelez cela rétro-transitivité ou ce que vous voudrez) et Kill'em All. In battle there is no law comme disait quelqu'un, et à la bataille le thrash, le crust, le proto-doom et la new wave of british heavy : c'est pareil. Sacrilege, avec ce disque où parfois l'on croit voir Black Sabbath dodeliner aussi frénétiquement qu'ils en sont capables sur le Sacrifice de qui vous savez, est bien plus que l'ancêtre putatif de Bolt Thrower : il est celui de Kylesa, de Power Trip, de Ruinebell, d'Invasion ; voire celui d'Integrity, au passage, sur la fin d'un "Search Eternal" fleuve qui ouvre tellement de voies que c'est à se rouler par terre d'heureuse hilarité. Within the Prophecy procure avec plus-que-largesse tout ce que thrash peut procurer comme irrésistible ivresse primaire, et pareil pour le crust - mais s'avère, de façon moins reptiliano-cérébrale et sous ses faux airs de cavalcade régulière et infatigable, bien plus riche et retors, capable d'ondulation, de faux trots meurtriers, de changements d'appuis, bref de toutes ces sortes de choses qui insufflent un genre de redoutable sensualité à ce groove dont Bolt Thrower fera la florissante carrière que l'on sait - de la rouerie au moins autant qu'il s'en débusque dans la harangue de Lynda Simpson, qui paraîtrait fallacieusement uniforme et strictement punk : elle a dans la gorge autant de Rob Halford et de Zack de la Rocha, que de Beth Ditto ou de Dawn Crosby : ça ouais, y a du monde, dans ce petit bout de punkette qui vous ferait filer droit et remontés comme des coucous des tribus de Cimmériens entières, vers leur destin, dans ce chaud aboiement qui vous injecte de la soul dans le carnage et la charge dernière des gueux ; la sergent-chef de Walls of Jericho bronzerait des paupières si elle devait la croiser, c'est tout vu ; les Quatre Connards de l'Apocalypse ? Ils se terrent sous un caillou au milieu de la plaine poussiéreuse, le scrotum recroquevillé, attendant que Sacrilege soient passés.
Birmingham devrait être au patrimoine mondial de l'Unesco, et lieu de pèlerinage, voilà ce que j'en dis, moi.

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