mercredi 24 janvier 2018

Vichy : Paris

Nekurat fait du black metal ; bon. Ben c'est pas beaucoup plus joli que lorsqu'il fait du pur rituel avec NKRT ; et guère moins coldmeateux. Techniquement, objectivement, à un niveau strictement textural, le résultat - quelle que soit l'intention - obtenu sur Paris est assez proche de Menace Ruine ou (Dolch)... Mais uniquement de ce point de vue là ; car autant l'incantation produite par ces deux derniers est élégiaque, ascendante, angélique... Autant la transe - à relents tibétains au moins autant que dans NKRT, du reste - de Vichy est aussi sale et salissante que peut le laisser subodorer le patronyme du machin, confirmé des fois qu'un doute subsistât par les intitulés des morceaux : 6 Délations minutieusement numérotées. Pour la peine on ferait bien nous aussi un peu de délation, et balancerait que Vichy vicie davantage l'âme que la très grosse partie de l'œuvre de Sophia ou Karjalan Sissit - ne craignît-on pas, à force de ne prendre nos points d'appuis que dans la fédération de l'Oncle Roger, d'occulter le fait que la musique de Vichy, il n'en faut point douter, comporte une non-négligeable part de black metal : une qui se situe entre du Burzum très crado et du Rouen A.O.C., The Arrival of Satan en tête comme de bien entendu : le métal qui vous infecte peu importe votre statut de mise à jour anti-tétanique, seulement accouplé selon la plus stricte règle naturelle du qui se ressemble comme une croûte de pus ressemble à une autre croûte de rouille s'assemble, à l'industriel corrodé des décombres coupables de l'Occident. Rapprochement scabreux dont résulte - là encore, comme chez (Dolch) mais en bien moins vertueux, transcendental, élevé - une sorte de musique d'église abandonnée, toute en riffs qui sont comme des vitraux enténébrés par des siècles de crasse spirituelle, ou en tous les cas ce qui en a accumulé l'équivalent par le degré de vilenie morale perpétré en quelques années seulement. Du black metal d'une malveillance rare - à part à le comparer à Haus Arafna, évidemment. Et tout cela, il va de soi, sans davantage que dans NKRT se départir d'un ton humblement banal, du quotidien, si approprié après tout à l'horreur à la française. Le mal incube dans le plus ordinaire des caniveaux.
Il manquait une église sur la place du village de Last Station on the Road to Death, par exemple pour y trouver refuge de la continuelle bruine d'acide qui arrose icelui, comme pour tenter de le laver : la voici ; venez donc y élever vos prières, si vous le souhaitez ; l'on ne saurait garantir, en revanche, qui les entendra, ni davantage la nature des soupirs que vous pourriez y percevoir.

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