lundi 12 mars 2018

Eagle Twin : The Feather Tipped the Serpent's Scale

Aaah... Là en effet l'on commence à parler. Là Eagle Twin commence de parvenir à tirer parti de son héritage des Melvins, à tirer la sauvagerie propre à ces derniers vers quelque chose qui est davantage propre à Eagle Twin - et qui tient, donc, de Scott Kelly, de Richie McCaw et de quelque bonze à la provenance mal identifiée mais très probablement omnivore, tel le grizzli dont il semble avoir le chant polyphonique.
Là on pense à la collision de Earth et Om avec Keelhaul et Coalesce, et pour ce que ces derniers peuvent avoir de moins matheux, Dieu soit loué. Là on entend la première fervente et amoureuse prière du matin, adressée à son couteau à dépecer, agenouillé à côté du feu de camp. Là on entend le disque de gros barbus cannibales que l'on attendait depuis le début d'Eagle Twin, et que peut-être on a un peu dépassé avec la mystique lumière qui caresse The Thundering Heard. Du Melvins des bois. La rugosité d'un album de Conan, la verdure des conifères en sus.
The Feather Tipped the Serpent's Scale est probablement l'album le plus ouvertement evil et carnassier d'Eagle Twin, le plus marlou, celui qui fait entendre la cruauté de Celtic Frost sous la surface minérale de Swans. Un peu comme regarder une colline, et s'apercevoir qu'il y a les traits farouches d'un album de High on Fire sculptés à même sa rocaille, ses éboulis, ses crevasses, ses souches cornues. Qui vous sourit.

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