samedi 14 avril 2018

Memoriam : The Silent Vigil

A la putain d'ancienne.
La musique, c'est une bonne grosse base Bolt Thrower évidemment (je vous invite à trouver vous même l'histoire du groupe), avec de solides, roboratifs relents d'un succulent bouquet garni d'autres trucs de vieilles carnes qui ont pour nom Napalm Death, Paradise Lost, Axegrinder et Ruinebell. Le chant, c'est une distillation de Tommy Victor, Barney Greenway, Jaz Coleman et le jeune Broadrick. Ça y est, vous voyez de quel genre de musique d'ours cancéreux on parle ? Une musique qui du début à la fin paraît souffrir d'un point de côté, et néanmoins sur le point de vous sauter à la gorge pour l'arracher avec ses dents branlantes, entre deux respirations essoufflées et autres quintes de toux ensanglantées.
Le problème étant peut-être que le disque peut paraître s'avérer, justement, un peu trop littéralement court en souffle, et sembler succomber à la sévérité de ses blessures avant son terme ; la fin en paraît donc un peu trop lointaine, par endroits, à mesure qu'elle approche. Mais après tout, que ce fût là une mission suicide qu'ils se soient donné de le prouver ou pas : Memoriam ne sont pas Bolt Thrower. Et vaincre n'est pas nécessairement la seule fin acceptable ; même lorsqu'on joue du death metal (et qu'accessoirement on parle de la guerre, mais Dieu soit loué, Memoriam ne sont pas non plus Hail of Bullets) ; peut-être les choses ne sont-elles pas si imperméablement cloisonnées que cela, et de même que Napalm Death dans les esprits férus d'étiquettes jouent du grind mais dans ceux qui sont avant tout esthétiques sont les frères en sensibilité de Godflesh et Red Harvest - de même Memoriam, pour jouer souvent sur un trot allègre, et moins lourdement suinter la fin de l'espoir dans chaque riff, n'en sont pas moins un bon cran plus doom, tristes, fatalistes encore... que Bolt Thrower.
A la limite du zen, et la lumière de la plénitude dans la contemplation de la mort qui vient. Je vous laisse juger, sans quoi, si je continue, je vais finir par parler de Given to the Rising ; juger, non de ce que je projette dessus le disque - encore heureux : on parle de musique - mais de ce que vous pouvez projeter de semblable ou pas.

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