lundi 2 avril 2018

Napalm Death : Enemy of the Music Business

Les bons albums de Napalm Death, c'est facile à reconnaître : ce sont ceux où l'on sent qu'il n'est pas même nécessaire de se demander si Embury a jamais échangé deux mots avec Broadrick, car Napalm Death est un groupe intoxiqué à l'industriel en soi - par le bon Shane - et non en vertu d'une supposée trace radioactive persistant du passage en son sein du bon Justin. Ceux où l'on sent l'industriel, et qui pour cette raison flanquent les miquettes.
Et celui-ci ci-devant est l'un des pires. Parce qu'on le sent très clairement malgré les rythmiques moins frénétiques, stroboscopiques, inhumaines qu'elles le seront sur les albums à suivre, aussi clairement que cet odieux son limpide, sinistrement lisible et gigerien à l'égal de celui de Heartwork ou pas loin - qui met en lumière et évidence ce que, écrasant lesdites rythmiques punk (dites grindcore si cela fait pour vous une différence autre que minime, je veux pas embêter) les riffs typiques qui sortent des doigts d'Embury ont d'intrinsèque, constitutive laideur industrielle : totalitaire, métallisée et ascendante, en spirale appliquée, dans l'inhumanité du même hideux gris inhumain, entre cadavre et cheminée d'usine, que sur la laide pochette ; et qu' Enemy of the Music Business est un Selfless joué à la scie-sauteuse, avec le même sens du tragique, un peu gauche, naïf mais poignant de véhémence légèrement guindée, pour décrire un univers où la productivité est une méthode d'extermination, le grade supérieur de la loi du plus fort.

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