lundi 9 avril 2018

Napalm Death : Time Waits for No Slave

Là, on y est : vous prenez ce que le riffing de Ministry a de plus mécanique et technoïde, "Thieves", "N.W.O." et "Burning Inside" concentrés et re-concentrés dans un creuset taillé dans tout ce que Red Harvest peut déployer de plus inhumain, profilé dans une forge qui est tout à la fois I.P.P. et Sick Transit Gloria Mundi (un autre flamboyant exemple, en passant, de ce qu'un riffing bien mécanique peut avoir de technoïde, façon Tron), bref vous prenez Psalm 69 et vous te me les transposez brutalement un millénaire plus tard, les ursid-émeutiers, dans un futur où ils se retrouvent les seuls humains pré-historiques alentour, avec encore leur plus de 25% de composants entièrement d'origine organique, avec encore la couleur à tous les étages, le noir inclus - dans un futur futuriste où tout est gris, monumental, en marbre métallisé, fasciste, paraissant dessiné par des intelligences artificielles modélisées d'après l'appareil fantasmatique de Hans Rudi Giger, bref sur Giedi Prime mais où même les Harkonnen auraient été réduits en esclavage pour péché de trop grande humanité et comportement charnel.
Tout sur Time Waits for No Slave n'est que dures parois vertigineuses, surfaces colossales de biométal sans pitié, rythmiques aplanissantes frénétiquement, comme si tout à coup Justin Broadrick craquait et décidait qu'on le fait tous chier à la fin, sa propre tendresse humaniste y compris, et libérait enfin les chevaux de tout ce dont il essaie de nous prévenir gentiment et avec prévenances infinies depuis le début : garez vous, bon dieu ! Ou comme si Gira cessait une fois de faire sa mijaurée, qui jamais de sa vie n'a entendu le mot science-fiction et ne voit pas le rapport avec Sa Personne.
Un album merveilleusement à la hauteur de la grandiloquence totalitaire de son titre, donc ; préférez la version digipak, pour avoir la couleur qui complète la perfection du tableau (et puis, très accessoirement bien sûr, les deux bonus sont comme de coutume quasiment indispensables).

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