mardi 3 avril 2018

Yob : Atma

Le pont jeté entre Neurosis et Black Sabbath, putain. J'ai moi-même du mal à croire que je suis en train d'écrire ça, avec l'émerveillement que cela suppose derrière.
Bon, d'accord, Black Sabbath qui aurait vu l'un de ses problèmes majeurs réglés enfin : non pas l'absence de swag des riffs (enfin, si, aussi), mais l'absence de chanteur - en embauchant Rob Halford et en le blindant d'hallucinogènes (et d'un peu d'ADN d'Axl W. Rose, aussi, pour "Prepare the Ground", admettez le). Et puis tout bien réfléchi, en prenant également la précaution, pour être sûr, d'enfermer Matt Pike dans une camisole nullificatrice d'accélération (qui pourrait par exemple être constituée d'un bon gros taz bien dodu, le saturant d'érotomanie à son corps défendant) - et le regarder bouillir de fureur, et de jouissance anticipée des sévices qu'il distribuera avec largesse et universalité dès qu'il se sera libéré, pour se détendre et nous faire les pieds.
L'url du bandcamp de Yob s'appelle Yob is Love, ça tombe bien je l'ai toujours dit - et c'est pas pour rien. Rarement le rock patchouli-patapouf aura-t-il été aussi carnassier, que sur mon Atma chéri, qui n'est pas prêt de céder sa place de meilleur album de Yob haut les mains peau de lapin (à part peut-être si je réussis à mettre le doigt sur ce que The Unreal Never Lived m'inspire de grandiose, parfois). Rarement le sabbat aura-t-il si bien montré son visage, maléfique et orgiaque en égales et indissociables mesures.
Les grands albums de doom vous procurent la sensation d'être puceau du doom à nouveau ; Atma se charge de vous le rappeler, d'aussi cuisante manière qu'une fessée sur l'enclume des forges du Mont du Destin (vous l'avez ?). Tout comme il vous rappelle qu'on parle, forcément ou du moins lorsque c'est bien fait, d'une musique maniant exclusivement les gabarits mythologiques ; il y est donc strictement normal, presque banal, de constater que, fatalement, ne pouvait que se produire l'apparition de Scott Kelly, sur une telle version bacchanale/party hard de Through Silver in Blood ; une sorte de sabbat bouddhique, infernal et placide, rougeoyant comme bien peu de disques.
On déplorera simplement un final, non pas mauvais, mais qui semble s'être trompé d'album, puisque assez représentatif d'une toute autre facette de Yob - le stoner-post-hardcore des nuées minérales - et auquel on réussira probablement à donner sens en s'en servant comme transition pour un enchaînement, justement, avec The Unreal Never Lived.

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