jeudi 31 mai 2018

Bloody Hammers : The Horrific Case of Bloody Hammers


Olivier Drago s'est auto-proclamé bâtard et héraut en chef des bienheureuses musiques bâtardes, quant à nous d'aucuns nous qualifient de seul blog où l'on peut lire une référence à Pulp dans une chronique sur The Body ; vous pouvez aussi appeler cela synesthésie : c'est strictement la même chose.
Le style (et les notations s'y référant) est accessoire, lorsque le thème, la sensation - ou à défaut tout simplement le groupe (voire encore plus simplement le disque, tout seul comme un grand), et sa personnalité - jouent le rôle du point commun.
Vous voyez celui entre Bauhaus, Nine Inch Nails, Mötley Crüe, Type O(ctober Rust), White Zombie, Revolting Cocks et Sopor Aeternus  ? La fesse blafarde à penchants vampiriques, tout à fait.
The Horrific Case of Bloody Hammers, c'est si vous voulez du doom penchant rock occult, tel qu'il est de bon ton depuis déjà plusieurs années d'en ouvrer - mais alors penchant franco, tel le décolleté plongeant d'Elvira Mistress of Dark, vers le strip-doom. Un peu comme si Une Nuit en Enfer était un film de boule - et de préférence un bon - plutôt qu'un film de bastos-bonanza. Les beats sont trapus et félins à la semblance de Glen Allen Anzalone et, comme en matière de fesse, il ne revêt aucune importance de savoir comment exactement ils sont générés pour en jouir sans entraves ni mesure, de même qu'il n'est d'aucune incongruité d'y voir se mélanger des images du vieux Tool (quand ils étaient... vous avez deviné) et l'impression fugace mais quasi permanente d'être en présence d'un de ces obscurs groupes de dark-electro aussi nanardeuse que scabreuse (amGod, Terminal Choice, Psychopomps et autres dont les noms à mon grand dam ne me reviennent pas) : le graveleux après tout y est-il si différent de nature, que dans une balade de Guns'n'Roses, ou une d'Acid Bath ? Bloody Hammers saute en selle de l'un à l'autre lestement à vous en confondre et faire fondre de toute votre fluidité, Bloody Hammers n'est nulle part si bien qu'à cheval, avec un concept transgenre (je deviens lourd, juste un peu, ou bien ça passe encore ?) qui s'appelle, peut-être, tout simplement, "glam" ? Si par là vous entendez comme bibi une manière de demi-synonyme de "goth" (vocable du reste tout aussi transversal, comme l'est encore celui de "horny", qui ne décrit pas seulement le crâne de la pochette), alors probablement. Le terme de "trangenre" d'ailleurs n'est même pas tombé dans l'inconscient par hasard, puisqu'on pense bel et bien à Keith Caputo devant certaines intonations vocales dévoilées ici, à son groupe devant l'épaisseur impressionnante du groove, et à Demon Lung devant l'ambiance lourde d'ambiguïté infusée d'occultisme.
Mais on pourrait résumer et synthétiser cette enfilade de noms, qui commence à s'allonger, en vous campant The Horrific Case of Bloody Hammers à cheval entre Alan Woxx et Glen Danzig : oui, c'est exactement le genre de machin dont on se dit en le voyant que ça ne va jamais rentrer, mais vous savez bien comment ça finit dans ces cas-là, pas vrai ? Bloody Hammers sait parfaitement ce qu'il fait, et le font avec l'implacable assurance qui fait toute la subtile mais profonde différence, et qui rend les choses aussi simplement irrésistibles que renversantes. Préparez vous pour la fessée.

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