dimanche 27 mai 2018

Necros Christos : Domedon Doxomedon

Le peplum de l'année se tient là devant vous : ôtez donc votre chapeau, malotru.
Domedon Doxomedon est fait de metal, pas de doute : de la sorte qui transpire, à foison ; une forte, huileuse sueur, chargée d'une puissante et persuasive odeur de prédateur, gorgée de phéromones pêle-mêle ; l'espèce où se classent déjà, voyons voir... Rites of Thy Degringolade, Sonne Adam, Dream Death, Morbid Angel, Root, Master's Hammer, Vastum, Acephalix...
Élocution hachée du sorcier dont la puissance qu'il invoque en son sein bouscule les organes et lubrifie le métabolisme, riffing gluant et infesté d'expressions orientales, saccades religieuses, images qui reviennent, subrepticement, du premier Choc des Titans...
Oh, et puis à quoi bon tourner autour du pot ? On a cité Dream Death, on pourrait ajouter Totengott, et c'est bien à eux de préférence que (lointainement) l'on pensera, mais le mot doit être lâché, qu'on avait soigneusement évité de faire figurer dans la photo de famille plus haut : Celtic Frost ; et la forme plus grandiose et redoutable de son évolution, Triptykon. C'est probablement la raison pour laquelle, à mes oreilles, les riffs et plus globalement la musique de Necros Christos ont cessé d'être soporifiques : ce supplément en quelque chose que l'on n'ira pas jusqu'à nommer groove, cette énergie sexuelle féline qui alourdit les motifs de guitares lorsqu'ils ne s'envolent pas en mélodies, et leur donne cette inertie irrésistible, invincible ; Domedon Doxomedon ne ressemble jamais franchement à la bête suisse antique, mais l'aura assortie à cette indéniable filiation lui fait comme une huile de gladiateur, qui l'oindrait généreusement dans tous ses plis, mettant ses courbes en valeur, faisant reluire son onduleuse puissance, ainsi ajoutant à un magnétisme séducteur, plus cryptique, qui n'appartient qu'à Necros Christos - les leads doom majestueuses, les caractéristiques interludes, principalement orientaux mais aussi parfois somptueusement romantiques... Interludes qui du reste n'en ont que le nom, tant ils se fondent harmonieusement dans le reste, à en paraître simples nouvelles divagations instrumentales de morceaux déjà généreux en pérégrinations et péripéties mystiques, tant la couleur et l'éclairage qu'ils peuvent apporter le fait dans la subtilité, de façon juste un rien plus marquée que le reste de la matière composant un album après tout partout émaillé de cavalcades de satyres, diablotins et autres petits boucs qui traversent la profondeur de champ... Des interludes ? Des scènes sans dialogue qui viennent changer un brin le rythme, oui ! Un film, on vous dit ; un au montage particulièrement soyeux et odorifère ; qui vous transporte à la frontière que les rituels oniromanciens brouillent entre les forêts grecques et les palais ottomans, dans une chaude lumière d'or à son crépuscule chargé de promesses.
Rarement triple album aura ainsi passé comme un charme, c'est peu de le dire.

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