vendredi 4 mai 2018

The Mark of Cain : Songs of the Third and the Fifth

Tout a commencé par une discussion, sur "les réseaux sociaux", à propos de Wrong et l'existence d'une frange de la population nostalgique de l'époque Strap it On/Meantime de Helmet - minorité invisible à laquelle le rédacteur en chef du dernier Mohican des magazines français dédiés au bon rock, n'écoutant que son grand cœur, conseilla plutôt que Wrong d'écouter The Mark of Cain, formation où avait trouvé asile un certain Stanier, John de son prénom, dont vous avez peut-être entendu parler.
Et on se retrouve, au bout du compte, avec cette chose que, une fois réordonnés, quelques mots de description sur une célèbre base de données en ligne résument mieux à mon sens (auditif) : un groupe de cold wave/post punk qui emprunte une grande part de son vocabulaire à Helmet, certes, et aussi pas mal à Rollins Band. Oui, oui.
L'élégance vocale - entre autres - rappellerait presque Mark Sandman, au passage - un type qui jouait dans un autre groupe avec une belle basse - et finalement on finit par se rendre compte que l'étrangeté (en même temps, en est-ce une ? qui a le plus long balai dans le cul, Ian Curtis ou Page Hamilton ?) qui résulte des deux choses dites plus haut ensemble, on ne l'avait pas entendue depuis... Therapy?. Oui, oui.
Une étrangeté qui - même si The Mark of Cain existe depuis bien avant l'intégration de Stanier dans l'effectif et n'est originellement pas du tout la même chose que Wrong, à savoir un hommage revendiqué à l'ancien employeur de ce dernier - se résout très simplement pourvu que, se laissant guider par le groove du groupe et  la pochette du disque, l'on décide d'y voir, comme chez Wrong récemment, un personnage de marine retiré du service : celui-ci campe alors, en face du dur-à-cuire avachi de Wrong, une lame-de-rasoir sur pattes devenu, dans le monde des civils, un genre de beau gosse ténébreux, bien mis, sourire glacé, regard hanté, mèche gominée impeccablement  échappée en accroche-cœur. Reconnaissez que des monologues tels que "I feel the pain I feel the pain I feel the pain, it makes me feel real", ou "I'm coming home [...] The things I've seen [...] I'm a stranger in your eyes" ne nous détrompent pas des masses sur le genre de film qu'on a le droit de se faire sur fond de Songs of the Third and the Fifth. Un genre de Taxi Driver cold-wave filmé par Michael Mann avec dans le rôle principal... Andy Cairns mais élancé et les joues creuses, tiens. Toutes les scènes ne sont peut-être pas aussi marquantes qu'on se prend sourdement à le rêver pendant celles qui le sont ; mais aussi s'agit-il forcément avant tout d'un film d'ambiances.
Faut avouer, sans vouloir faire dans la discrimination sexuelle : c'est autrement plus viril que la grande majorité des groupes d'aujourd'hui qui veulent absolument faire savoir au monde qu'ils écoutent Joydiv'. Hank - et son band, avec son groove jazz-metal frisant le RATM derrière, hein - en pantalon cigarette et petit perfecto cintré, merde, quoi ! Qui eût cru que ce pût sonner aussi classe - que ce pût sonner tout court, du reste ?

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