mardi 5 juin 2018

Bloody Hammers : Lovely Sort of Death

Cette fois le compte est bon. Si vous croyez aimer le goth mais qu'en fait, ce que vous aimez c'est le bon goût et la réserve, vous ne survivrez pas à Lovely Sort of Death.
Sinon, foncez, c'est le bonheur qui vous attend. Les arrangements qui changent Glen Danzig en Albator sur fond de galaxies mauves, les riffs qui jettent de solides ponts entre London After Midnight et Bon Jovi... L'album ne possède pas la perfection à laquelle il mérite pourtant d'atteindre, parce que sur sa fin - "Ether" - il se laisse aller à être trop doom metal, trop pur dans un genre et ses bottes (toutes proportions bien sûr gardées), il perd sa substance magique : ce n'est pas que "Ether" soit foncièrement mauvaise, mais il y a tellement mieux à faire, et de quoi sert-elle - lorsqu'il y aurait eu matière à encore de mille façons plus délicieuses les unes que les autres, confondre grunge avec une sorte de variété électro-glam-wave de Type O Negative, Soundgarden et Project Pitchfork, que sais-je encore - avec tout l'équipement cossu à disposition dans les accueillantes ombres des salles de torture aux parois satinées sous un château rococo ? Qu'est-ce qui est interdit, qu'est-ce qui est impossible, je vous le demande, à un groupe capable d'improbables joyaux de guimauve tels que "Lights Come Alive" (c'est U2, que j'entends se convertir au cuir, ou bien ? accrochez vous cependant, la première j'ai cru vomir, devant sa douceur), de roustes héroïques du gabarit de "Messalina" - ou encore tout simplement, comme sur The Horrific Case of, des refrains glam aussi impitoyables, au musc aussi inoubliable que celui d' "Infinite Gaze to the Sun" ?
A partir de là, du reste - "Ether", donc, en septième position sur dix chansons - le charme fatalement est rompu, et plus rien ne viendra nous renverser, comme tout ou presque le faisait jusque là. Tout le reste se cantonnera dans le règne de l'ordinaire, du matériel, du naturel, du bon (bien des groupes de heavy feraient encore volontiers les yeux de poisson mort pour avoir les poubelles de "The Astral Traveller"). La tristesse est grande, très grande ; ce ne sont pas là des façons de finir un album, non messieurs dames ; pas lorsque l'on s'est soi-même condamné à l'impeccable.

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