vendredi 8 juin 2018

Dark Buddha Rising : II

Vraiment étrange, ce disque. L'impression de tenir un extrait découpé dans le tableau plus vaste d'un album beaucoup plus long (tel que Dark Buddha Rising ou tout autre groupe officiant dans le registre du gros doom de drogués en rendent presque systématiquement, contractuellement, avec parfois d'ailleurs une grande réussite (surtout pour les autres groupes)... mais toujours une part incompressible d'épuisement), pas forcément moins bon pour en être probablement plus dilué, mais pas nécessairement non leur utopique meilleur album - mais véritablement comme une irruption in medias res directement quelques secondes avant le meilleur moment de quelque chose de plus grand, celui où soudain tout précipite et notre attention avec...
Et une nouvelle fois, difficile de ne pas recourir à la comparaison cinématographique : II serait une sorte de petit film, de science-fiction bien entendu, droguée et cauchemardesque évidemment, bizarrement compact et qui dès la première image nous catapulterait et immergerait au plus fort d'une action déjà entamée avant notre arrivée, sans prendre la peine de nous expliquer ou poser le contexte, les tenants, aboutissants et autres emmerdements dont la raison principale est de vous montrer qu'il y a un travail de bête derrière - et grand bien lui en prendrait, puisque rapidement voire très rapidement l'on serait bien assez emporté par l'action et son bouillonnement tempêtueux pour en savoir autant que n'importe qui dans ce merdier (imaginez quelque chose faisant intervenir des tyranides, de l'ayahuasca en doses déraisonnables, et des démons antédiluviens, quelque part perdu dans le ventre d'un vaisseau aux couloirs pris dans des températures et hygrométries tropicales), d'autant que bien vite il s'avèrerait que l'on est arrivés juste à point pour l'instant de la manifestation de... quelque chose ; et le logiquement consécutif basculement intégral dans le psychique sans barrières.
Limite on se poserait des questions techniques, intrigués quant à savoir si ces ladres n'auraient pas par hasard eu pour de bon la grandiose extravagance de composer et exécuter tout ce bloc de matière qu'on imagine autour, dans le seul but d'y tailler cette portion de viande quintessentielle - mais en fait on s'en fout, et on se contente surtout de lécher un peu plus le jus qui nous dégouline sur le menton, concentré mais parcimonieux, pour n'en rien perdre.

1 commentaire:

Blackwineorder a dit…

Bien le bonjour,

Une rétrospective les tétines noires ? Et une Judas Donneger / Dominou /Dominus Rectum ?
Ne serait-ce pas une merveilleuse idée pour un monde merveilleux ?