mercredi 6 juin 2018

Limbo : My Whip, your Flesh

Bien sûr, que joue le facteur "ça fait du bien sacré bon sang, de retrouver le vrai truc" - en l'occurrence la dark-wave, dont le ci-devant album de Limbo est un fleuron et un paradigme à l'égal des The Eternal Afflict, Il Giardino Violetto et das Ich : cette même sensation de ridicule et de peur mêlée, devant ces maléfices fiévreux et cette religiosité dans le vampirisme, qui même si c'est peut-être une question d'histoire esthétique personnel, paraît autrement plus habitée et inquiétante que tout l'occultisme déchaîné par les disques de tout le metal qu'on voudra.
Mais une chose s'y ajoute, à savoir qu'à côté de cela, Limbo n'est semblable à nul autre que Limbo ; avec son amour de la reprise tordue - il est permis de se demander lequel est le plus flippant, d'un premier morceau ouvertement rituel qui psalmodie de longues minutes durant "Meo penis in tua vulva" d'une voix de goule cadavérique, ou bien de la "Venus in Furs", croassée par un Quasimodo que l'on entend distinctement, dans sa poussiéreuse croonerie énamourée, se frotter des mains obséquieuses, aussi fripées que moites d'une dévotion caquetante de concupiscence - et puis sa façon sans pareil de marier avec une gourmandise réjouissante et contagieuse Diamanda Galas et Calva y Nada dans les matériaux pour la confection de ses chansonnettes perverses, Mynox Layh et Kirlian Camera, Kraftwerk et Sigillum S... L'appétit ne connaît pas les barrières, pas vrai ?
Difficile, en vérité, de décider ce qui est le plus inquiétant chez Limbo (ou plus globalement si c'est My Whip Your Flesh ou bien plutôt le tératologiquement potache Siliciolatra) - à moins que ce ne soit, précisément, cette incertitude permanente.

Aucun commentaire: