mardi 19 juin 2018

Marduk : Serpent Sermon

Si Serpent Sermon, dans la catégorie de poids "Maranatha du dimanche matin, y fait beau, enfile un short Le Coq Sportif et va donc acheter des chipos, je fous un rosé au frais", n'égale pas tout à fait Wormwood, qui justement est un peu mois ensoleillé - et pour tout dire mériterait peut-être la catégorisation "Maranatha de petite frappe parvenue en Armani", ou en tous les cas sur un registre moins poétique le mètre-étalon de ce que produire le Arioch-Marduk dans le genre extravagance gominée et râblée - en revanche à côté d' Hekatomb (qui joue exactement dans la même catégorie, soyons factuels), la comparaison est douloureuse.
Ça reste du Marduk, c'est à dire au moins aussi gentil que du early-Gorogoroth mais qui fait plus de fitness - mais alors, v'là l'ambiance de film d'heroic fantasy pseudo-dark et tout gorgé de vicelardise eighties... Imaginez Highlander ou Willow, mais avec que des scènes avec des méchants - des Michael Ironside, des Clancy Brown...
Festif, sautillant, exubérant, plein d'idées - presque trop, "M.A.M.M.O.N." ou Marduk qui tente de se faire aussi son petit moment d'orthodoxie dissonante à la limite du DsO, est-ce bien raisonnable ? n'empêche que c'est plus réussi que sur le dernier Satyricon, disons moins foireux ; mais ne laissons pas subsister de regrettable ambiguïté : Serpent Sermon tente des trucs, mais surtout il en réussit - ce "World of Blades", avec au début ses relents sulfureux d'apocalypse militaire, qui virent au Primordial ou Drudkh sur la fin, c'est brillant, disons le tout net.
En fait, c'est plus simple que cela. Serpent Sermon est le plus limpide des albums de Marduk ; et comme toutes les choses limpides, il est plus aisé d'y lire un bon nombre de choses ; d'une, que Marduk est une sorte de version black de Slayer : quelque chose de massif, d'une méchanceté monstrueusement athlétique voire légèrement, mais toujours ou presque (d'accord : disons quand ils veulent bien s'en donner vraiment la peine) infesté d'un venin sourd mais profond, qui vous souille ; de deux, cet album entièrement dédié au thème sataniste se trouve également leur plus limpide, donc - encore un peu davantage, même, que ne peut uniquement s'imputer à ses puissants accents true black et d'un amour de Bathory déjà aperçu çà ou là par le passé mais jamais de façon aussi grisée qu'ici - et lumineux : ainsi qu'une version toute exultante de joie gladiatrice de Funeral Mist. Il en découlera bientôt pour vous, comme ce fut le cas pour moi, que vous tenez là devant vous le disque le plus maranathesque de Marduk. A bon entendeur (forcément, donc) déçu par un musculeux mais borné Hekatomb, salut.

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