dimanche 22 juillet 2018

High on Fire : The Art of Self Defense

Les racines de High on Fire ; discrètes comme une montagne - non : comme La Montagne - au milieu du désert. Sleep, et au-delà, sommet encore plus écrasant dans le lointain poussiéreux, fantôme impossible à méconnaître pesant sur l'horizon écrasé de chaleur et les vermisseaux de ses mirages : Black Sabbath.
Et malgré la taille imposante de tout cela, qui s'expose ainsi sans détour, avec l'ingénuité de la jeunesse : déjà une personnalité impossible à ignorer, crue itou, et sauvage, et imposante à égalité malgré son caractère impulsif, peu consciente encore d'elle-même ; une putain de personnalité. Celle du barbare qu'on va rapidement apprendre à connaître, redouter et admirer, bien entendu. High on Fire tout pataud, le sang épaissi et ralenti par le hashish du Vieux, c'est déjà du High on Fire.
Sans compter que - je l'ai déjà dit, ou pas ? - The Art of Self Defense est, en regard des albums à suivre, d'une crudité incomparable ; lenteur ou pas, voici leur disque le plus poussiéreux, le plus Hun, le plus riche en odeurs de cuir bouilli, de fumier et autres couleurs âpres de la steppe originelle (oui, plus encore que le rêveur album de Kalas) : c'est au point que, par endroits, on a qui vient à l'esprit l'image et les sensations éprouvées devant Superjudge, et plus généralement ses premières fois avec les musiques doom et bien lourdes du zen, l'époque où devant Eyehategod, Acid Bath ou Clutch l'on découvrait béat que le riff sabbathien était le plus badass du monde. On parle ici d'un album de la race des vandales qui chargent à l'assaut cul nu comme au premier jour, hilares autant de joie anticipée du meurtre et du coït que de brouillage alcaloïde des synapses.
Quoi de plus logique, tous comptes ainsi faits, que de constater que cet album vierge de toutes pulsions thrash montre, aussi bien que n'importe lequel des ultérieurs avec leurs gènes Fischer et Kilmister qui commencent de s'y manifester, Matt Pike disposé à vous fendre d'une oreille à l'autre un sourire aussi large que le sien. Et pour un peu on se laisserait aller à la même benoîte et rustre allégresse - n'eût-on été si affairé à réprimer l'effet des basses opiacées à en faire dégueuler un yak.

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