lundi 9 juillet 2018

Saltas : Currents / Parasites

Dû, je ne saurais me permettre de le dire, mais voici en tout état de cause ce qu'aurait pu être le second Grave Upheaval - n'eût-il, étrangement, choisi de donner dans le "plus de métal" (à entendre au sens de "beaux longs cheveux virils"). Sale, sale, sale ; à vous en fiche des encéphalites spongiformes à chaque fétide soupir morne ; bourbeux, également, comme bien peu. Ainsi que, évidemment, sordide, pathétique, misérable, bon marché, désespéré comme une production Bunkur (quand vous voulez, la suite), ou la plate hideur d'un Moss ; ou peut-être plutôt, afin que l'on aille point, de façon tout à fait malencontreuse, s'attendre chez Saltas à du torture-doom en grosses entrecôtes bouchères avariées à 1300g par assiette - Ride for Revenge, ce qui sera peut-être plus saillant sur un  Parasites légèrement plus metal - ceci à entendre avec toutes les pincettes qui se peuvent trouver. Pensez encore aux albums ambient, immondes de souillure, par Beherit, et n'en parlons plus.
La batterie est divinement sourde, les riffs ont tous l'air d'avoir été joués directement sur le clavier d'un Amiga, la voix colle aux parois, en somme rien ici n'a de puissance physique et tout vous flanquerait des accès d'hilarité à essayer d'imaginer en résultant la vieille querelle des hardos devant ce genre de rendu - vous savez, la Guerre Eternelle entre l'Ambiance et le Foutage de la Sainte Gueule des Fans, alors que dans un contexte death industrial au bout du compte bien plus nature, tout tombe sous le sens - celui du ravissement des sens. Saltas sans doute possible font partie de cette famille distinguée, qui hisse le metal au rang des intoxications alimentaires, et sa variété doom-death à celui des machins les plus maudits qui se puissent.
Et donc il appert que : non, Ancient Meat Revived n'était pas le bouquet final et le point culminant du Cold Metalmeat - à moins qu'on ne soit passé pour le coup dans carrément le Slaughter Productions metal (son "Interluder" final voit carrément Parasites virer au vieux Megaptera, rien que ça) ? Currents vous propose rien moins que le mélange (dégueulasse, bien entendu) de The Slaughterhouse et Macht durch Stimme, touillé à la guitare : je vois même pas pourquoi je devrais continuer à me casser la nénette une seconde de plus pour vous convaincre de quoi que ce soit. Et certainement pas d'expliciter le corollaire - lourdement - sous-entendu en miroir de "aucune puissance physique", pas vrai ?
Les deux ci-devant petites ignominies (initialement des cassettes) vont se voir prochainement déterrées et réanimées au format silicone par Atavism Records, sous l'intitulé Death·Spirit·Continuum. Guettez.

3 commentaires:

Blackwineorder a dit…

Je viens d'écouter le currents, très bon. Rituel, ésotérique, hermétique. Bizarrement je le trouve très agréable comme une sorte de transe profondément noire, totale et létale. Il émane un sentiment d'apaisement, de recueillement et de dévotion quelque part grandiose. Est-ce la quintessence de la sérénité d'un death metal perdu au fin fond du gouffre ?

gulo gulo a dit…

Oui, je l'écoute assez souvent en bagnole dernièrement, et j'ai rarement conduit aussi relaxé.

Blackwineorder a dit…

Parasites porte bien son titre, un album grouillant, rampant, chtonien, vibratoire. Une transe chamanique liée à la terre. Peut-être ce lien aux entrailles du monde et du Temps qui nous amène à l'apaisement et la regenerescence. Nos racines primales.