samedi 28 juillet 2018

Slidhr : Spit of the Apostate

Alors là, si l'on s'était retenu au moment de The Futile Fires of Man de lâcher le nom pour ne pas surcharger de références un disque unique en son genre, il va s'avérer difficile pour le coup de ne pas s'extasier : on n'avait pas entendu aussi spectral depuis Glorification of Pain, ou même à remonter jusqu'à la lecture du fameux passage sur les hauts des Galgals et toutes les allusions au lugubre Angmar, chez Tolkien.
Pour autant, il ne s'agirait pas d'ailler faire l'erreur de croire que Spit of the Apostate se puisse cantonner à un seul registre esthétique, et que celui-ci soit l'heroic fantasy, l'archaïque, le médiéval, le naturiste. Le spectre dont on est la proie terrorisée autant que grisée, ici, dérive à l'aise aussi bien dans la forêt que dans la matrice des réalités dégradées du futur ; comme qui dirait, mais surtout au sens figuré et analytique, que l'on penserait autant à Blut aus Nord, celui de Ultima Thule, qu'à Blut aus Nord, celui de The Work et Thematical Emanations. Ce spectre-là ne connaît pas de frontières, de cloisons, tout est limbe et tout est son domaine ; le black metal de Slidhr n'est ancré nulle part, prisonnier nulle part, ni dans le passéisme ni dans le progressisme, ni true ni post, c'est une part de sa grande beauté étrangère.
Le reste est insubstantiel, et dépend de votre disponibilité d'esprit.

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