samedi 28 juillet 2018

Statiqbloom : Infinite Spectre

Luxueux. Comme vous l'imaginerez d'emblée si je parle d'intersection entre Mentallo & the Fixer et Pain Station.
Avec sa courte durée, Infinite Spectre, mécaniquement, souffre moins que Blue Moon Blood de sensations de délayage, redite, camaïeu de noir velours sur noir soie - mais grouille d'idées brillantes, donnant à échafauder mentalement pour chaque morceau, bien plus qu'un clip, son propre petit film sensoriel, tant la musique de Statiqbloom s'avère toujours plus visuelle, évocatrice, hallucinogène.
Ou bien sont-ce vraiment des idées, proprement dites ? Sur le fond, Kainer ne prend pas de risques - et aussi pourquoi le faire, lorsqu'on montre pareille maîtrise ? - continuant d'ouvrer son Mentallo calligraphié à l'encre de Chine de marque Skinny Puppy "plus noir que noir", mais sapé en smoking sur mesure - et c'est précisément là qu'entre en jeu son talent à nul autre pareil ; celui du détail, dans le sens noble du terme ; du soin extrême, et d'un goût exquis, apporté au plus petit détail, dans le respect artisanal de ce que celui-ci apporte au bouquet général, et partant à l'effet qu'il produit sur l'imaginaire.
Pas à dire, Fade s'est fendu ici de ce qu'il avait de meilleur comme étoffes en magasin, niveau texture de voix plus ou moins putréfiées dans la matrice, niveau stratification des perceptions illustrée ; il parvient également à trouver le juste équilibre, le juste degré de mémorable, grâce justement à ces dites idées et couleurs aisément identifiables, assorti à chaque morceau sans aller jusqu'au trop encombrant gabarit de tube, afin que chacun ne soit, une fois encore, que pièce, composant, dans le tableau et la mécanique d'ensemble d'un petit film (le premier Ministry transposé dans une ambiance sci-fi crépusculaire, une traduction clocharde et solitaire de Calling ov the Dead ?) dont, il faut bien le reconnaître, le seul défaut devient justement, et paradoxalement, son format aussi rafraîchissant que frustrant. On appelle ça "percutant", j'imagine.

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