dimanche 23 septembre 2018

Dead Congregation : Promulgation of the Fall

Les plus sagaces parmi vous l'auront deviné, et savouré, au constat de la simple existence de cet article : l'heure est venue du retournement de veste pour bibi, concernant Dead Congregation.
Tout de même, quelle belle langue, la vache ! Quoi d'étonnant que j'en aie fait neuf ans... Car évidemment, les derniers disques d'Embrace of Thorns et Burial Hordes ne sont pas sans rien à se reprocher dans cette avanie qui m'arrive. A eux trois ils forment un bien beau tableau de famille du metal à la grecque ; pour sûr Dead Congregation est le plus pompeux, le plus cérémonieux et porté aux envolées épiques, de caractère et de langue, et parfois il peut presque prêter à le regarder de haut, avec ses mouvements harmoniques qui fredonnent aux oreilles d'un buste de Wagner, nous rappelant, selon le principe du même motif même punition, les frémissements dans les zygomatiques ressentis à certaines écoutes d'Under the Sign of Hell... Voire pire, mais c'est en même temps déjà le signe qu'il a quitté la catégorie des comiques, prêter à se sentir déçu, refroidi, ramolli - lorsque de certaines, précisément, de ces méthodiques, impitoyables et puissantes prises d'essor dans les cieux de la bataille, se voient d'un coup diluées, dispersées aux quatre vents dans des riffs de soudardeath metal à courte vue : là, voilà, c'est manifeste désormais : on est pris.
Par la puissante fluidité qui meut le death de Dead Congregation, sa charbonneuse impétuosité, sa sainte colère au service des temps derniers qui s'en viennent, comme une marée, comme une tempête approche des côtes, muraille noire sur muraille noire à l'assaut des montagnes condamnées, par son lyrisme sévère, par son absence, qui nous avait coincé jusque-là, de cette non-humanité si prisée et si bien représentée dans le mormétal aujourd'hui : par son humanité, justement, héroïque, colossale mais affirmée, dans cette proclamation - le mot paraît plus approprié à la véhémence du propos - de sa propre chute méritée, son châtiment fatidique.
Ainsi c'était donc ça, que désignait la rigoureuse pudeur administrative de cet intitulé : le romantisme, assourdi par la rumeur rugissante de la bataille, du Crépuscule.

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