mardi 23 octobre 2018

The Body : O God Who Avenges, Shine Forth. Rise Up, Judge Of The Earth; Pay Back To The Proud What They Deserve.

O God Who Avenges, Shine Forth. Rise Up, Judge Of The Earth ; Pay Back To The Proud What They Deserve., c'est exactement le même salami que The Tears of Job : l'essence de The Body. Ou comment une chose qui est un pur produit de circonstances de sa production devient une manifestation, qui les sublime, de l'identité fondamentale.
Car, audiblement, les deux sont pareillement engendrés par et pour les tournées, et les besoins afférents à celles-ci, de réparer le van, faire le plein d'essence, de ventoline, bref aller jusqu'à la prochaine date, encore et encore. Les deux sonnent comme faits avec le même luxe de moyens qu'un gribouillis sur le coin de la nappe en papier du restoroute avec le stylo emprunté à la serveuse - et laissent jaillir le même fruste génie brut que peuvent voir germer ces sorte d'épisodes, lorsqu'on parle de qui en a - du génie, donc. Celui de The Body, outre qu'il est certain, a le propre de par son caractère même s'accommoder fort bien de ce genre de finesse et de vocabulaire, qui est le sien : faut-il le dire ? Le classique de The Body est All the Waters of the Earth Turn to Blood, n'en déplaise à la réelle et tranchante beauté des deux derniers disques en date - le rose et le noir. Et on en retrouve ici la crudité.
Or donc, O God Who Avenges, Shine Forth. Rise Up, Judge Of The Earth ; Pay Back To The Proud What They Deserve. c'est même tarif que The Tears of Job, c'est  donc ce que joue The Body lorsque, pour ne pas s'aventurer dans la précision technique que je ne possède pas, ils jouent au Bic sur des nappes en papier : de l'indus, du vrai, du -triel. Du sur quoi l'on aurait vite fait, pour le plaisir, de broder des délires dans la façon Légion Noires sur l'histoire de Cold Meat Industry. Sauf qu'où The Tears of Job donnait dans le charmant petit bouquet (quel groupe d'ailleurs, à part Harvey Milk, serait plus approprié que The Body pour faire des cadeaux de Fête des Mères ?), O God Who Avenges, Shine Forth. Rise Up, Judge Of The Earth ; Pay Back To The Proud What They Deserve. se concentre quant à lui sur tout ce que l'on peut faire de tranquillement aliénant autour de rythmiques primitives et mécanisées.
Alors, s'il faut à tout prix traduite, Megaptera, Brighter Death Now, Un-Core et Lille Roger sont de bonnes indications. En encore un poil plus charclo, dépenaillé, avec un tout petit peu de punk rock dedans, mais à peine, parce que c'est là ce que sont The Body : non pas un groupe de power electronics, d'industriel rythmique ou de death industrial, mais le rataillon, rabougri mais tenace, qui a pu repousser, de punk rock, après la bombe sale.
Ça arrache un peu la gueule, c'est étrangement frais, et ça donne encore plus envie de les entendre collaborer avec Uniform, dont ils semblent ici au moins les jumeaux assemblés différemment, sinon la moitié astrale.

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